ALIEN VS PREDATOR REQUIEM

18012011

 

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Laminé dans l’univers entier, jusque sur les planètes des Predators et des Aliens, je n’ai pas vu le film de Paul Anderson, AVP. Fort d’une bande-annonce bien foutue et de quelques extraits bien gorasses, il fallait que je voie AVPR, ne serait-ce que par la nostalgie de retrouver des monstres qui ont “bercé” mon enfance. Bien mal m’en a pris, les frères Strause parvenant à ridiculiser les deux mythes.

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En soi, si l’on n’est pas trop regardant, AVPR passe comme une lettre à la poste, timbrée “série B sanglante”, au tarif “laissez votre cerveau à l’entrée”. Et c’est vrai que revoir ces araignées aliens, ces pétages de cages thoraciques, et puis les monstres, fait plaisir. Seul problème : le manque d’intensité flagrant et désespérant de leurs apparitions. Non seulement jamais le sentiment de peur n’étreint le spectateur, mais en plus on se contrefout comme du 25e gars qui a marché sur la lune du sort réservé aux personnages. Jamais on ne retrouve ce sentiment de claustrophobie et de confinement qui était porteur, créateur de l’angoisse sourde qui nous étreignait à chaque plan de croisement de couloir, de portes dérobées, de personnages s’aventurant seuls sans regarder derrière eux (l’importance de l’arrière plan amené au rang d’art par Scott et Cameron). On se dit alors que l’idée de placer aliens et predators dans un espace terrestre ouvert et étalé, au demeurant intéressante et ludique, ne sied guère à l’atmosphère des sagas. Ou que les Strause n’ont pas su l’exploiter. C’est plutôt cela…

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D’autant que point de vue scénario, on nage en eaux claires et connues, l’originalité faisant cruellement défaut : reprise du pitch de Predator avec remplacement du rasta-monstre par les aliens ; un peu de Gremlins par ci, d’Assaut par là ; pire, on a l’impression que des films comme La nuit des chauve-souris font figure de référence dans le développement de l’histoire. Copier des bons films ça peut faire illusion, mais des nanars ! Dans ce marasme scénaristique, les personnages n’ont aucune substance et les enjeux et caractérisation sont laissés en plan, transformant une population de l’Amérique profonde en chair à pâtée incolore. Du coup, ce désintérêt nous pousse à attendre les morceaux de bravoure avec impatience, qui seront à chaque fois désamorcés avec une désinvolture déconcertante.

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Les attaques sont brèves, mal découpées, et s’inscrivent dans le déroulement du film comme autant de scènes de coupe. Un comble pour des séquences sensées représenter des climax ! Imaginez entrer dans un abattoir, regarder un premier morceau de viande, vous retourner regarder un autre, et ainsi de suite : aucune évolution, l’impression de voir la même chose répétée ad aeternam, le sentiment de lassitude. Ajoutez à cela le fait que la quasi totalité du métrage se passe dans une obscurité pénible qui gâche le peu de plaisir qu’il y aurait eu à prendre, et vous comprendrez que les Strause sont complètement passés à côté de l’objectif qui était de donner au spectateur de l’Alien, du Predator.
Comment ne pas être en colère contre le traitement je-m’en-foutiste du Predalien, certainement l’idée la plus revigorante, la plus saugrenue, la plus fédératrice ! comment ne pas se sentir floué – et pris pour un con ? – à l’annonce d’un combat acharné entre deux monstres parmi les plus “teigneux”, agressifs, de l’Histoire, qui s’avère un concours de baffes façon Bud Spencer ne dépassant pas les 5 minutes !

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Si cet Alien Vs Predator est un requiem, il pourrait être celui du cinéma – mais heureusement non. Il pourrait être le sien propre – un suicide filmé qui lui, au moins, serait réussi. Il pourrait être aussi celui d’une franchise qui avait mal commencée, et qui, semble-t-il, empire déjà. Prions Sainte Helen Ripley pour laisser en paix nos monstres fétiches.

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ALIEN VS PREDATOR REQUIEM

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Laminé dans l’univers entier, jusque sur les planètes des Predators et des Aliens, je n’ai pas vu le film de Paul Anderson, AVP. Fort d’une bande-annonce bien foutue et de quelques extraits bien gorasses, il fallait que je voie AVPR, ne serait-ce que par la nostalgie de retrouver des monstres qui ont « bercé » mon enfance. Bien mal m’en a pris, les frères Strause parvenant à ridiculiser les deux mythes.

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En soi, si l’on n’est pas trop regardant, AVPR passe comme une lettre à la poste, timbrée « série B sanglante », au tarif « laissez votre cerveau à l’entrée ». Et c’est vrai que revoir ces araignées aliens, ces pétages de cages thoraciques, et puis les monstres, fait plaisir. Seul problème : le manque d’intensité flagrant et désespérant de leurs apparitions. Non seulement jamais le sentiment de peur n’étreint le spectateur, mais en plus on se contrefout comme du 25e gars qui a marché sur la lune du sort réservé aux personnages. Jamais on ne retrouve ce sentiment de claustrophobie et de confinement qui était porteur, créateur de l’angoisse sourde qui nous étreignait à chaque plan de croisement de couloir, de portes dérobées, de personnages s’aventurant seuls sans regarder derrière eux (l’importance de l’arrière plan amené au rang d’art par Scott et Cameron). On se dit alors que l’idée de placer aliens et predators dans un espace terrestre ouvert et étalé, au demeurant intéressante et ludique, ne sied guère à l’atmosphère des sagas. Ou que les Strause n’ont pas su l’exploiter. C’est plutôt cela…

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D’autant que point de vue scénario, on nage en eaux claires et connues, l’originalité faisant cruellement défaut : reprise du pitch de Predator avec remplacement du rasta-monstre par les aliens ; un peu de Gremlins par ci, d’Assaut par là ; pire, on a l’impression que des films comme La nuit des chauve-souris font figure de référence dans le développement de l’histoire. Copier des bons films ça peut faire illusion, mais des nanars ! Dans ce marasme scénaristique, les personnages n’ont aucune substance et les enjeux et caractérisation sont laissés en plan, transformant une population de l’Amérique profonde en chair à pâtée incolore. Du coup, ce désintérêt nous pousse à attendre les morceaux de bravoure avec impatience, qui seront à chaque fois désamorcés avec une désinvolture déconcertante.

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Les attaques sont brèves, mal découpées, et s’inscrivent dans le déroulement du film comme autant de scènes de coupe. Un comble pour des séquences sensées représenter des climax ! Imaginez entrer dans un abattoir, regarder un premier morceau de viande, vous retourner regarder un autre, et ainsi de suite : aucune évolution, l’impression de voir la même chose répétée ad aeternam, le sentiment de lassitude. Ajoutez à cela le fait que la quasi totalité du métrage se passe dans une obscurité pénible qui gâche le peu de plaisir qu’il y aurait eu à prendre, et vous comprendrez que les Strause sont complètement passés à côté de l’objectif qui était de donner au spectateur de l’Alien, du Predator.
Comment ne pas être en colère contre le traitement je-m’en-foutiste du Predalien, certainement l’idée la plus revigorante, la plus saugrenue, la plus fédératrice ! comment ne pas se sentir floué – et pris pour un con ? – à l’annonce d’un combat acharné entre deux monstres parmi les plus « teigneux », agressifs, de l’Histoire, qui s’avère un concours de baffes façon Bud Spencer ne dépassant pas les 5 minutes !

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Si cet Alien Vs Predator est un requiem, il pourrait être celui du cinéma – mais heureusement non. Il pourrait être le sien propre – un suicide filmé qui lui, au moins, serait réussi. Il pourrait être aussi celui d’une franchise qui avait mal commencée, et qui, semble-t-il, empire déjà. Prions Sainte Helen Ripley pour laisser en paix nos monstres fétiches.

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DOG SOLDIERS

16112010

 

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Où était passé le cinéma d’horreur anglais depuis la Hammer ??
Nul ne le sait, mais un peu comme pour toute civilisation disparue (mayas, incas, dinosaures, j’en passe…), on regardait jusqu’à peu les Terence Fisher (entre autres) comme les vestiges d’un monde qui nous ouvraient les portes de la nostalgie. Et tiens, qu’est-ce qu’on voit débarquer, tout à coup ? The descent, Creep, Severance, et ce Dog soldiers, passé inaperçu à l’époque, sans qu’on se doute que Neil Marshall, futur réalisateur du tétanisant sus-nommé The Descent, et son compatriote Christopher Smith, allaient creuser une nouvelle voie au horror movie au pays du prince Charles.

dogsoldiers7.jpg
Dog soldiers, donc. Comme ça, ça a l’air très con… et ça l’est : une unité armée censée effectuer un exercice à balles à blanc se trouve confrontée à une horde de loups-garous assez belliqueuse. Dans la forme, la première partie rend hommage – pompe ? – à Predator, et son habile retournement du chasseur devenu chassé. La forêt écossaise constitue un décor visuellement riche, anxiogène, et pluriel. La deuxième partie, quant à elle, prend des allures de Nuit des Morts-Vivants, où le refuge se mue en siège (avec multiplicité des directions : ils ne doivent pas entrer – les monstres – ; ils veulent partir – les hommes – ; ils veulent bouffer, ils ne veulent pas être bouffés – pas besoin d’expliquer, là, je pense). Rien de nouveau sous le soleil de Satan, direz-vous.

dogsoldiers11.jpg

Et pourtant, Dog Soldiers, avec sa gueule de série Z tout droit sortie de chez monsieur «je tourne un film en 3 jours pour 120 dollars» Corman, dépasse ce statut sur le papier en oeuvrant sur la pellicule avec une véritable mise en scène dopée à la testostérone, énergique au possible, agressive, décomplexée, ce qui ravira le fan de gore qui tache. Et histoire de bien montrer qu’il ne se prend pas au sérieux, Marshall ajoute un second degré bienvenu, qui fera les beaux jours également de Severance. Comment ne pas se marrer comme un bossu – en essayant de ne pas vomir ses chips et sa bière sur le nouveau canapé de madame – en voyant ce gradé, éventré par une vilaine bébête, se battre avec un chien pour essayer de garder ses intestins là où ils sont. Humour bas de plafond (faut entendre les dialogues aussi !), pas très Jean D’Ormesson, mais pour peu qu’on y soit sensible, ça peut faire des guili dans le ventre (dans le nôtre, parce que dans celui du gradé, ça fait que du sang).

dogsoldiers1.jpg

Pour conclure, ça fait du bien là où ça passe de revoir des loups-garous, espèce disparue – qualitativement – depuis le début des 80s (Hurlements, Loup-garou de Londres). Et ça fait encore plus plaisir de voir un film aussi détendu du slip qui cache son manque d’originalité derrière un dynamisme rare. Vive les Rosbeef !!

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DOG SOLDIERS

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Où était passé le cinéma d’horreur anglais depuis la Hammer ??
Nul ne le sait, mais un peu comme pour toute civilisation disparue (mayas, incas, dinosaures, j’en passe…), on regardait jusqu’à peu les Terence Fisher (entre autres) comme les vestiges d’un monde qui nous ouvraient les portes de la nostalgie. Et tiens, qu’est-ce qu’on voit débarquer, tout à coup ? The descent, Creep, Severance, et ce Dog soldiers, passé inaperçu à l’époque, sans qu’on se doute que Neil Marshall, futur réalisateur du tétanisant sus-nommé The Descent, et son compatriote Christopher Smith, allaient creuser une nouvelle voie au horror movie au pays du prince Charles.

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Dog soldiers, donc. Comme ça, ça a l’air très con… et ça l’est : une unité armée censée effectuer un exercice à balles à blanc se trouve confrontée à une horde de loups-garous assez belliqueuse. Dans la forme, la première partie rend hommage – pompe ? – à Predator, et son habile retournement du chasseur devenu chassé. La forêt écossaise constitue un décor visuellement riche, anxiogène, et pluriel. La deuxième partie, quant à elle, prend des allures de Nuit des Morts-Vivants, où le refuge se mue en siège (avec multiplicité des directions : ils ne doivent pas entrer – les monstres – ; ils veulent partir – les hommes – ; ils veulent bouffer, ils ne veulent pas être bouffés – pas besoin d’expliquer, là, je pense). Rien de nouveau sous le soleil de Satan, direz-vous.

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Et pourtant, Dog Soldiers, avec sa gueule de série Z tout droit sortie de chez monsieur «je tourne un film en 3 jours pour 120 dollars» Corman, dépasse ce statut sur le papier en oeuvrant sur la pellicule avec une véritable mise en scène dopée à la testostérone, énergique au possible, agressive, décomplexée, ce qui ravira le fan de gore qui tache. Et histoire de bien montrer qu’il ne se prend pas au sérieux, Marshall ajoute un second degré bienvenu, qui fera les beaux jours également de Severance. Comment ne pas se marrer comme un bossu – en essayant de ne pas vomir ses chips et sa bière sur le nouveau canapé de madame – en voyant ce gradé, éventré par une vilaine bébête, se battre avec un chien pour essayer de garder ses intestins là où ils sont. Humour bas de plafond (faut entendre les dialogues aussi !), pas très Jean D’Ormesson, mais pour peu qu’on y soit sensible, ça peut faire des guili dans le ventre (dans le nôtre, parce que dans celui du gradé, ça fait que du sang).

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Pour conclure, ça fait du bien là où ça passe de revoir des loups-garous, espèce disparue – qualitativement – depuis le début des 80s (Hurlements, Loup-garou de Londres). Et ça fait encore plus plaisir de voir un film aussi détendu du slip qui cache son manque d’originalité derrière un dynamisme rare. Vive les Rosbeef !!

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