HOSTEL

1122010

 

movieposter.jpg

Hostel s’adresse principalement et, pourrait-on dire, exclusivement aux Américains. Pourquoi ? Parce qu’il semble que le très malin Eli Roth ait pris le cahier des charges du feu Code Hayes et de l’actuel MPAA (deux bibles de la censure ricaine) pour refourguer dans son métrage tout ce qu’ils interdisent : le sexe, présenté comme un petit porno moins les inserts hard ; le gore, quand même peu ragoûtant, même si sur l’ensemble peu présent ; et puis, d’autres choses, comme la représentation d’une homosexualité quinquagénaire, la cigarette, la cigarette qui rigole sous toutes ses formes, et l’alcool. Tous les tabous sont à l’image, afin de dresser un miroir à peine déformé par une esthétique léchée ultra-colorée.

hostel15.jpg

La preuve ? Roth parsème son film de reflets (Hostel se reflétant au début dans une flaque d’eau), de jeu de miroir (l’assassinat du gars du train), et en général, joue autour du thème du regard, en apposant un point de vue souvent subjectif : c’est le spectateur qui est chevauché par la splendide Slovaque Natalia, c’est encore le spectateur qui mate le cul (par un mouvement de caméra) de la standardiste, encore lui qui ne voit que par l’interstice d’une cagoule trouée, lui toujours qui découvre les exactions commises dans cette antichambre de l’enfer (et ce n’est pas un hasard non plus si l’Asiatique est énucléée au chalumeau).

hostel.jpg

On est donc constamment ramené à notre (leur) identité d’Américain pure souche venu comme des nouveaux explorateurs conquérir une Europe vieillissante. Alors forcément, en quoi ça peut nous concerner, nous pauvres geeks européens tout juste abreuvés par le renouveau du genre horrifique premier degré (Massacre…, le remake ; Détour mortel ; Saw) ? La déception ne pouvait que nous prendre à la gorge après la découverte sur grand écran du dernier chouchou de Tarantino. Parce que le gore n’y est que ponctuel, mais c’est là toute la malice de Roth que de ne pas donner au spectateur ce qu’il attend, c’est-à-dire une boucherie sans nom.

13.jpg

Non, il ne jouera pas le jeu de la perversion, il ne jouera pas à représenter l’horreur d’une manière banalisée, comme sur Fox News, et toutes ces chaines US qui font leurs choux gras de la guerre en Irak. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de renvoyer l’Américain lambda à sa propension à la violence, à cette soif irraisonnée de vouloir faire la guerre et tuer, torturer comme à Guantanamo, ignorant les règles de la dignité humaine. Limite, ce serait normal au vu du comportement des troupes américaines de payer pour se taper un fils de l’Oncle Sam.

hosteleye.jpg

La violence appelle la violence, c’est ce que nous donne à voir Roth dans ce dénouement vengeur où le «héros» s’abandonne aux mêmes méthodes de tortionnaire que sa victime. A ne pas sous-estimer, et en attendant le deuxième.

hostelposter07.jpg




HOSTEL

1122010
movieposter.jpg

Hostel s’adresse principalement et, pourrait-on dire, exclusivement aux Américains. Pourquoi ? Parce qu’il semble que le très malin Eli Roth ait pris le cahier des charges du feu Code Hayes et de l’actuel MPAA (deux bibles de la censure ricaine) pour refourguer dans son métrage tout ce qu’ils interdisent : le sexe, présenté comme un petit porno moins les inserts hard ; le gore, quand même peu ragoûtant, même si sur l’ensemble peu présent ; et puis, d’autres choses, comme la représentation d’une homosexualité quinquagénaire, la cigarette, la cigarette qui rigole sous toutes ses formes, et l’alcool. Tous les tabous sont à l’image, afin de dresser un miroir à peine déformé par une esthétique léchée ultra-colorée.

hostel15.jpg

La preuve ? Roth parsème son film de reflets (Hostel se reflétant au début dans une flaque d’eau), de jeu de miroir (l’assassinat du gars du train), et en général, joue autour du thème du regard, en apposant un point de vue souvent subjectif : c’est le spectateur qui est chevauché par la splendide Slovaque Natalia, c’est encore le spectateur qui mate le cul (par un mouvement de caméra) de la standardiste, encore lui qui ne voit que par l’interstice d’une cagoule trouée, lui toujours qui découvre les exactions commises dans cette antichambre de l’enfer (et ce n’est pas un hasard non plus si l’Asiatique est énucléée au chalumeau).

hostel.jpg

On est donc constamment ramené à notre (leur) identité d’Américain pure souche venu comme des nouveaux explorateurs conquérir une Europe vieillissante. Alors forcément, en quoi ça peut nous concerner, nous pauvres geeks européens tout juste abreuvés par le renouveau du genre horrifique premier degré (Massacre…, le remake ; Détour mortel ; Saw) ? La déception ne pouvait que nous prendre à la gorge après la découverte sur grand écran du dernier chouchou de Tarantino. Parce que le gore n’y est que ponctuel, mais c’est là toute la malice de Roth que de ne pas donner au spectateur ce qu’il attend, c’est-à-dire une boucherie sans nom.

13.jpg

Non, il ne jouera pas le jeu de la perversion, il ne jouera pas à représenter l’horreur d’une manière banalisée, comme sur Fox News, et toutes ces chaines US qui font leurs choux gras de la guerre en Irak. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de renvoyer l’Américain lambda à sa propension à la violence, à cette soif irraisonnée de vouloir faire la guerre et tuer, torturer comme à Guantanamo, ignorant les règles de la dignité humaine. Limite, ce serait normal au vu du comportement des troupes américaines de payer pour se taper un fils de l’Oncle Sam.

hosteleye.jpg

La violence appelle la violence, c’est ce que nous donne à voir Roth dans ce dénouement vengeur où le «héros» s’abandonne aux mêmes méthodes de tortionnaire que sa victime. A ne pas sous-estimer, et en attendant le deuxième.

hostelposter07.jpg




CONTRE-ENQUETE

19112010
affiche1.jpg

Le vigilante flick n’était plus à la mode jusqu’à ce que A vif et Dead sentence assoient son renouveau après les essais Man on fire et Hard candy, 20 ans après son apogée. Le (sous) genre s’avérant difficile tant les récurrentes critiques contre l’apologie de l’auto-justice plombent le résultat, on pouvait craindre le pire avec cette Contre-enquête, policier français (tout de suite, on pense à Julie Lescaut, Navarro et consorts) mené par un Jean Dujardin qui n’avait fait ses preuves dans le sérieux que par l’entremise du très beau Le Convoyeur. Le pire est-il arrivé ? eh bien non, Dieu soit loué.

Parce que Contre-enquête n’est pas à proprement parler un vigilante movie (pardon pour tous ces anglicismes…), la vengeance de Richard, le personnage incarné par l’excellent Jean Dujardin donc – c’est désormais une certitude -, étant expédiée sans une once de violence (même si mort s’en suit). Si vous vous attendez à un dernier quart d’heure façon Hostel, Captivity, ou Saw, passez votre chemin : Frank Mancuso, ancien policier, évite le piège de la violence gratuite d’une manière inattendue. Comment ? en jouant définitivement la carte de l’humain.
751167734small.jpg

Avant d’être un film policier, Contre-enquête suit des personnages, animés par leurs sentiments et non par le mécanisme d’une procédure. Quels qu’ils soient, tous gravitent autour de Richard et de la peine rageuse qui le guide. Quand sa femme lui reproche son manque de communication (et qu’on se dit qu’il s’en fout pas mal de la mort de sa gamine), on ne perçoit pas la finalité de ce silence, de cet éloignement sentimental, qui trouvera sa justification dans les dernières minutes. Et sans le concours d’acteurs tous indéniablement bien dirigés, la dimension humaine ne serait pas ce qu’elle est.

g13651551279007.jpg
Et heureusement qu’elle est ce qu’elle est, car pour le reste, si le film est sobrement mise en scène (un classicisme qui permet d’éviter ladite comparaison avec les commissaires télévisés), on ne peut pas en dire autant d’un scénario cousu de fil blanc, laissant des indices gros comme des parpaings sur le chemin du petit Poucet : SPOILER aucune surprise quant à l’issu, quant à la nature d’Heckman (Laurent Lucas, comme d’hab’) : que voulez-vous croire après qu’il ait soigneusement caché une lettre dans la tringle à rideau de sa cellule ? comment peut-on passer à côté du lien entre la correspondante amoureuse et un nouveau témoin dans l’affaire ? Autant de secrets filmés comme tels (la révélation du médecin coupée juste à temps…) qui ne laissent que peu de place à un suspense sans relief, sans saveur. Et comme s’il voulait éviter ce reproche, Mancuso affaiblit la relation, sur le papier perverse, entre Dujardin et Lucas, histoire de ne pas se « griller ». FIN DU SPOILER Le film en pâtit lourdement, même si l’intérêt se porte plus sur l’affectif.

image.jpg
Rétrospectivement, toute l’histoire puise sa force (relative, donc) dans cette obsession de Richard pour l’assassin de sa fille. Les dernières scènes nous le montrent dans toute son humanité, tout son chagrin (quel faible mot !!), mais surtout dans tout son désarroi quand il avoue pour ainsi dire l’impuissance et la vanité de son geste par un « je suis mort il y a 3 ans » qui sonne plus que jamais comme le cri de souffrance ultime.

Impossible de ne pas l’entendre quand on est papa.

52331.jpg







les HIERARCHIES divines |
Pivotfj |
Festival Communautaire du F... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ça tourne chez Lorang
| AnamorphoZ
| Top Movizs