IRREVERSIBLE

1042011

irreversible17836.jpg

 

« Coquille vide et nauséeuse », « du Céline sans l’étincelle d’humanité. Il ne reste que la crasse », « un petit pas pour le cinéma, un grand pas pour la barbarie », « lors de la scène du viol, des spectateurs ont crié : c’est scandaleux, c’est une honte. Vous êtes des malades ». D’autres ont menacé Gaspar Noé de lui mettre sur la gueule, parce qu’il faisait injure au cinéma. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’IRREVERSIBLE ne laisse pas indifférent. Et il faut bien avouer que Noé met tout en oeuvre pour obtenir un tel résultat : boîte gay appelé Le Rectum glauque à souhait où l’on se fiste l’anus et où l’on se sodomise dans des coins sous des lumières infernales, musique éprouvante, filmage virevoltant au point de ne pas comprendre l’image, bas-fonds de la capitale et ses travelos, et point d’orgue : le viol en plan fixe de 15 mn de la sublimissime Monica Bellucci. Et après, plus rien…soudain, le vide…

irreversiblephoto04hires.jpg

Reprenons : si l’on mélange tout cela, oui : IRREVERSIBLE est un amas de vomi éructé à la face d’un spectateur plus habitué à voir le Disney annuel en famille et à s’extasier devant la dernière comédie française à la mode que de s’infliger du Pasolini ou du Breillat. Première erreur, parce que derrière ce magma semble-t-il informe accentué par une caméra balbutiante, en mouvement perpétuel et hasardeux, ne captant que par fragment les situations filmées en plans-séquences, derrière donc se cache une structure, une architecture même, révélée par la brillante idée de l’inversion scénaristique, l’occasion pour le réalisateur également de s’affranchir de toute accusation d’apologie de la loi du talion : d’abord parce qu’il abandonne le spectateur à son propre ressenti lors des climax, en posant la caméra au sol, en le rendant alors complice, voyeur ; ensuite, parce que le montage ne donne aucune justification à la vengeance (que l’on ne sait d’ailleurs pas être une vengeance au moment où on en voit l’accomplissement).

irreversible1.jpg

Et cette mise en scène que les récalcitrants auront conspué avant le premier quart d’heure ne prend sens que par rapport à son évolution au fil du métrage. Si le plan-séquence constitue la figure grammaticale centrale, pour ne pas dire unique, la manipulation de la caméra révèle une atmosphère, un état d’esprit, le niveau de contrôle de la situation, l’animalité, la pulsion, le hasard, et globalement, sur la longueur, le passage d’un enfer à un paradis. Problème temporel, qui est au centre du film, comme l’explicite le panneau final : l’enfer, s’il est passé pour le spectateur et pour le film, est l’avenir des personnages, du moins leur présent, tandis que ce paradis est celui de Milton, perdu, définitivement, malgré cette ouverture lumineuse, bouleversante séquence magnifiée par l’allegretto de la 7e symphonie de Beethoven. Chez Noé, le happy-end n’a pas lieu d’être, et si Seul contre tous, son précédent essai, pouvait laisser lui aussi sur la fin une impression d’ouverture, le cinéaste abat cette dernière dans le prologue où il fait astucieusement la jonction entre ses films, à l’instar de Kubrick, modèle déclaré au travers d’un poster de 2001 accroché au-dessus du lit de Cassel et Bellucci.

02irreversiblecanalplus1.jpg

Evidemment, cette référence n’est pas anodine, d’autant que cette affiche met en avant le fameux foetus astral, la naissance du surhomme nietzschéen, et l’espoir d’une nouvelle humanité qui, chez Noé, prend sens autour de la notion de sexualité qui traverse tout le film, passant par toutes les déviances pour ne finir que sur le couple Vincent-Monica, tellement simple, tellement vrai (tellement que Cassel, dans la séquence de la fête, se présente en tant que Vincent et non Marcus !!), tellement évident, qu’on en oublie presque le caractère fictif ce l’histoire. On passe alors sur la maladresse de Noé concernant les prémonitions, élément qui n’apporte rien stricto sensu à l’étude du travail du Temps, pour ne garder en tête que ce fol espoir, réduit à néant plus tôt mais révélé au final pour que l’homme ne sombre dans la folie et la désespérance.

3907768ajjya.jpg

Ne retenons pas uniquement la volonté évidente de choquer, qui reste pour moi salutaire ; allons plus loin que la surface de l’image, essayons de comprendre la viscéralité de la mise en scène ; IRREVERSIBLE est un film majeur, une claque dans la gueule qui nous rappelle que le cinéma, ce n’est pas nécessairement un échappatoire à la réalité, mais peut-être un exutoire, un moyen de réflexion (dans tous les sens du terme) sur la société et sur l’homme. « Parce que le Temps détruit tout. Parce que certains actes sont irréparables. Parce que l’homme est un animal. Parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle. Parce que la perte de l’être aimé détruit comme la foudre. Parce que l’amour est source de vie. Parce que toute histoire s’écrit avec du sperme et du sang. Parce que les prémonitions ne changent pas le cours des choses. Parce que le Temps révèle tout. Le pire et le meilleur. »

Il y aurait encore beaucoup à dire sur IRREVERSIBLE, mais laissons le film parler de lui-même…

Image de prévisualisation YouTube




BLACK SWAN

26032011

afficheblackswan10362406zkkww.jpg

Quel point commun entre Pi, Requiem for a Dream, The Fountain, the Wrestler, et BLACK SWAN ? Leur metteur en scène, évidemment, mais surtout la quête d’un idéal, l’aboutissement d’un rêve, la recherche du sens d’une vie…et l’impossibilité de tout cela, sacrifié in fine par la nature humaine intrinsèquement autodestructrice. Si les premiers opus de Darren Aronofsky sont formellement très éloignés, The Wrestler et BLACK SWAN partagent eux un sens du naturalisme social qui n’est pas sans rappeler le palme-d’orisé 1998 Rosetta, caméra à l’épaule rivée aux basques de ses anti-héros en principe de grammaire cinématographique. Là où ça devient surprenant, et même dérangeant, est ce moment où la peinture d’un milieu (ici, celui très hermétique de la danse) se trouve investi par un fantastique sans équivoque qui flirte dangereusement avec le grand-guignol.

blackswan13.jpg

Car pour brosser le portrait de cette danseuse de seconde zone à qui on donne enfin sa chance, au risque de sa santé mentale, Aronofsky ne lésine pas sur les effets ni sur les citations appuyés de classiques de l’horreur mentale (Carrie) : dans une dernière heure qui se clôt sur un final tétanisant et bouleversant, Nina mue au sens propre comme au sens figuré, jusqu’à se sentir pousser des ailes dans le dos (sic). Le réalisateur de Requiem for a Dream multiplie dans cette seconde partie les images fortes, de ce tatouage prenant vie lors d’une séquence de saphisme torride à ce regard face caméra lors de la représentation, plein de folie et l’un des derniers symboles de la transformation irrémédiable de la jeune femme.

blackswan17.jpg

C’est tout cela que les détracteurs du film vilipendent à tour de bras, cette intrusion fortuite du surnaturelle dans un cadre ordinaire (ce qui est une des définitions possibles du fantastique !). Et c’est justement parce qu’Aronofsky prend le temps de mettre en place le drame qui se joue, parce qu’il choisit la voie du réalisme le plus pur, en collant au plus près la souffrance de Nina, son environnement matriarcal pesant, ses doutes tacites, que le spectateur accepte ce glissement. Parce qu’imperceptiblement, d’être aux côtés de Nina nous basculons dans son esprit, dans un monde où, effectivement, les démons prennent vie et forme (parmi lesquels l’impeccable Mila Kunis qui transpire la sensualité, et Vincent Cassel dans un rôle de chorégraphe manipulateur proche de la figure de Méphistophélès).

axelblognatalieportmanmilakuniskissingblackswan.jpg

Trouvaille géniale donc que de contourner l’écueil du récit schizophrénique en le racontant à la première personne, en somme, en faisant vaciller les certitudes du public sur l’autel d’un mélange des genres certes pas inédit, mais rendu ici incroyablement efficace par une rigueur dans la mise en scène qui n’étonnera pas qui a vu The Wrestler ou The Fountain. Trouvaille géniale que de situer l’action dans ce milieu connu pour son austérité, son exigence à la limite du raisonnable, la lutte impitoyable que se livrent les danseuses entre elles pour être la meilleure. Trouvaille donc géniale que de confier le premier rôle à Natalie Portman, dont le corps amaigri et le visage tout en nuances infinitésimales traduisent une réelle implication au point de voir se confondre la souffrance de son personnage et la sienne propre (elle n’est pour ainsi dire pas doublée). Oscar bien mérité à la clé.

blackswannatalie.jpg

Finalement, en dépit de ses références trop appuyées (Suspiria, Rosemary’s baby, également), BLACK SWAN ne ressemble à rien de connu, sinon à The Wrestler. Alors que l’on pouvait s’attendre à voir le ballet Le Lac des Cygnes (dont la musique est intelligemment réorchestrée par le génial Clint Mansell) en spectateur, Aronofsky choisit de nous le faire vivre de l’intérieur, à hauteur d’homme (de femme), histoire d’aller au bout du concept. Aucune entorse à sa propre exigence, comme un chorégraphe lui-même d’un drame finalement seulement humain qui verra la perfection atteinte dans la mort. Et le film de « mourir » lui aussi au générique, laissant le spectateur juger de la perfection de BLACK SWAN, véritable pépite de cinéma brute, à l’heure où la 3D et les CGI tous azimuts s’ingénient à faire couler le 7e art dans le superficiel. BLACK SWAN nous parle de cinéma, de cinéma bien fait. Moi j’aime.

Image de prévisualisation YouTube




L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON

19032011
benjaminbuttonposterlg.jpg

Une vieille dame tient par la main un jeune enfant à qui elle donne avec une tendresse infinie un baiser sur la bouche, s’éloignant doucement dans le cadre, de dos, entouré d’arbres atemporels : en un plan, dont la splendeur n’a d’égale que sa discrétion et sa pudeur, Fincher résume les enjeux d’un film magnifique, la vie, la mort, l’amour, le temps qui passe. Des thèmes universels rabattus, mais perçus sous le prisme du pitch novateur de la nouvelle de Scott Fitzgerald.

1329812844833862051053746418306792546670566n.jpg

C’est l’histoire d’un homme né vieux dont l’existence se déroulera à contre-courant de la normalité, ne pouvant de fait jouir de l’amour qui le lie à Daisy, son amour de toujours. Pendant un laps de temps relativement court, les deux auront le même âge que leurs artères. Le temps ravage tout. En qualifiant le film d’ennuyeux, certains n’ont semble-t-il pas compris la thématique du film : le temps, justement, et le besoin qu’ont ces personnages de se donner du temps. Fincher, à qui l’on a reproché depuis ses débuts un trop grand formalisme, n’est pas cinéaste à vouloir donner du rythme là où il n’y en a pas besoin. Le réalisateur de Seven a toujours adapté sa mise en scène pour les besoins du scénario, sans pour autant renoncer à un style immédiatement reconnaissable (les fameuses scènes de dialogue pendant un repas, par exemple).

benjaminbuttonfaconoutreatlantiqueimagearticlepaysagenew.jpg
Oui, Benjamin Button est lent, mais pas nécessairement trop long. Oui, il ne raconte rien, mais les personnages prennent alors une ampleur qu’un excédent d’aventures inutiles aurait gâchée. En somme, David Fincher laisse le temps aux amants de vivre leur passion impossible, ce qui explique d’ailleurs la construction en flashbacks qui donne un second souffle à une Daisy mourante et une signification à ‘l’étrange histoire’ de Benjamin. Une deuxième vie avant d’être balayée par le temps qui court (habile métaphore autour de l’ouragan Katrina dont certains auraient voulu voir des images spectaculaires, vainement).

letrangehistoiredebenjaminbutton2023477.jpg

Conscient de sa forte thématique, Fincher tend sa mise en scène dans ce sens, mêlant avec grâce et sans ostentation effets du cinéma primitif et effets spéciaux de pointe qui ne sauraient constituer l’intérêt majeur du film (mais incroyablement bluffants tout de même). Le prologue, dans cette optique, révèle à la fois la puissance conjuguée de la narration et des enjeux de la fable. On pourra certes regretter qu’Eric Roth , scénariste, appuie un peu trop la filiation de son travail avec celui effectué sur Forrest Gump (jusqu’à reprendre quasiment textuellement la séquence où le héros craint que sa tare soit héréditaire et confiée comme telle à sa progéniture), cependant il n’a pas cédé à la tentation de faire participer Benjamin à de grands événements (hormis la guerre) qui auraient détourné le film de son objectif. Et puis, nul besoin de recourir à une temporalité signalée par l’actualité, alors que les décorateurs et autres techniciens proposent une somme de travail colossale pour dater imperceptiblement chaque époque traversée. En outre, cela permet justement de rendre le temps fluctuant (jeu également sur les répétitions) et d’en amoindrir le caractère inéluctable.

f4kl46ht.jpg
Côté casting, c’est un sans faute, avec un petit bémol pour un Brad Pitt qui marque ses limites dans le jeu dramatique, avec un gros dièse pour Cate Blanchett qui apparaît comme la seule héritière valable des grandes classiques, Garbo et Katherine Hepburn en tête.

1232684284letrangehistoiredebenjaminbuttondatedesortie04fevrier2009wallpaper1024x768.jpg

Mine de rien, alors que la déception s’empoigne à chagriner une partie du public, l’Étrange Histoire de Benjamin Button prend la route du chef-d’œuvre en devenir. Il ne l’est pas aujourd’hui, mais le temps, encore lui, fera le travail. L’émotion que suscite le film, pudiquement, au travers d’une mise en scène perfectionniste, trop contrôlée pour certains, est véritable, prégnante, à l’image de ce plan d’une vieille dame qui tient par la main un jeune enfant à qui elle donne avec une tendresse infinie un baiser…


Juste retour des choses contre le temps qui passe…

Image de prévisualisation YouTube




REQUIEM POUR UN MASSACRE

13032011
3545020011799.jpg

En Occident, le cinéma russe, c’est pas notre tasse de thé : Eisenstein a longtemps été censuré (Le cuirassé Potemkine mettre plus de 20 ans pour débarquer sur les écrans français), Vertov et son Homme à la caméra jusqu’à peu délaissé. Et puis avec cette foutue guerre froide, il n’y a guère que Tarkovski qui ait réussi à passer le mur. Peur de la propagande ? pourtant, les Ricains ne se sont pas gênés avec des œuvres au reaganisme aussi peu subtil que Rocky IV.

comeandseepreview.jpg

Sort donc en 1985 Requiem pour un massacre (Come and see en « vo », bêtement traduit en ce titre de western de seconde zone), film majeur sur les exactions nazies en Bielorussie.

Car oui, Hitler ne s’est pas contenté d’exterminer en Pologne, de déporter en France, de bombarder en Angleterre. Il a également éradiquer 628 villages (entre autres) et leurs habitants de l’ex-URSS.

3929247ldllg.jpg

L’occasion de (re)découvrir un monument qualifié par l’écrivain Ballard (Crash, à l’origine du film de Cronenberg) de plus grand film de guerre jamais tourné. Alliant avec une force incroyable une forme spectaculairement cinématographique (et inversement) à un réalisme de plus en plus dérangeant au fil du métrage, Elem Klimov, à l’instar de Coppola sur Apocalypse now, nous emmène dans une descente aux enfers aux accents parfois mythiques, vécue à travers le regard d’un gamin de 15 ans découvrant l’amour et sa fatale destinée en temps de guerre, et l’horreur inhérente à la situation.

idiismotri2.jpg

Intelligemment, le réalisateur russe ne s’arrête pas à la stigmatisation du nazisme, la haine de l’idéologie hitlérienne est dépassée par celle plus forte de la barbarie humaine. On oscille entre plans fixes de visages (30′ d’identification un peu morne) transfigurés par les événements, et plans-séquences d’une majesté rare, évoquant le grand Kanal de Wajda. Le contre-champ est pour ainsi dire banni afin de saisir l’intégralité des séquences avec une économie de scènes. Sur un des ces plans somptueux nourri par un extrait du magistral Requiem de Mozart, le film se clôt pour verser chez le spectateur un de ces sentiments qui lui font comprendre l’importance de ce qu’il vient de voir.

comeandsee.jpg

Le mot chef-d’œuvre est par trop galvaudé pour être utilisé à l’encontre de ce Requiem pour un massacre.

http://www.dailymotion.com/video/x2r1cw




ALICE AU PAYS DES MERVEILLES 2010

5032011
aliceauxpaysdesmerveilles.jpg

Alice au pays des Merveilles, revisité par Tim Burton ? Cela avait tout de la bonne idée, parce que l’univers fantasmé de Lewis Carrol a tout pour permettre au sombre cinéaste les délires les plus iconoclastes et une satire des plus virulentes contre la normalité. Les fans du monde entier portaient déjà aux nues le nouveau métrage, envoyant ad patres le classique Disney (au demeurant excellent), alors que dès le titre, un problème pouvait déjà être soulevé : Alice, une héroïne, une fille!! une première donc pour le réalisateur d’Eward aux mains d’argent et Sweeney Todd !! Et en soi, une première menace planant sur le monde de Burton…

aliceauxpaysdesmerveillestimburtonjohnnydepp4149133rnbwl.jpg

Bien sûr, ses films ne sont pas exclusivement masculins, et donnent aux femmes des rôles essentiels (voir Miss Lowett dans le Barbier de Fleet Street ou encore Catwoman dans Batman le Défi), mais le personnage d’Alice est ici sans relief (malgré la 3D !), caricature dans un premier temps d’une jeune fille rebelle prête à être mariée à un lord pas de première fraîcheur (et ce sont encore les roux qui en prennent pour leur grade…), ensuite jeune fille errant de rencontres en rencontres, effacée jusqu’à découvrir la force qui l’habite ( le combat contre le Jabberwocky – rien à voir avec les Monty Python). Alice est peut-être le rôle-titre, Burton ne parvient pas à en faire le personnage principal, à se projeter en elle, laissant Johnny Depp (en mix de toutes ses dernières interprétations décalées) et Helena Bonham-Carter (magnifique Reine Rouge, drôlissime) faire le show pour le meilleur et pour le pire, surtout pour du vent.

alicereinerouge500x280.jpg

Parce qu’il faut bien dire qu’on compte les minutes, presque les secondes (comme le lapin, le nez sur sa montre), l’histoire étant d’une vacuité interpellante : d’une part, les différentes rencontres ne nourrissent pas d’intrigue, d’autre part, la bataille finale arrive comme un cheveu sur la soupe et ne bénéficie d’aucun souffle épique (même Danny Elfman est à la rue…). On pourra toujours se rattraper sur le design du film, très coloré, très chargé, ravissement des yeux qui ne sert à rien, sinon à faire beau donc, sinon à souligner également la mise à distance du monde réel et le monde des ‘merveilles’, vieille rengaine de Mister Burton depuis maintenant quelques années. Lassant.

alicemerveillesburton1423727cf1.jpg

La grande question au centre d’Alice : est-ce un film DE Tim Burton ? On vient de le voir, l’univers graphique est connu est reconnaissable (qu’on aime ou pas Charlie et la Chocolaterie et ses couleurs criardes), les motifs récurrents y abondent (l’arbre tordu, les portes informes, le moulin abandonné, le gothique), et les amis (et épouse) sont bien là. Et alors ? et alors : rien. Tous ces gimmicks ne sont que du remplissage, une signature technique qui ne saurait masquer le manque d’inspiration d’un cinéaste enfermé dans son unicité au point de se répéter formellement en circuit fermé. Pourtant, son discours a évolué, fait un volte-face qui déprécie encore plus sa volonté de rester fidèle à une certaine imagerie.

images.jpg

Le final ne laisse planer aucune ambiguïté : gagner sur le rêve, voilà le nouveau credo de Tim Burton. Bouffé par l’univers Disney qu’il avait quitté après avoir travaillé sur Rox et Rouky (et là, Burton EST Alice, qui revient au ‘pays’ pour y remettre de l’ordre), le metteur en scène d’Ed Wood rentre dans le rang, la queue entre les pattes, obligé (ou volontaire ? c’est là la question…) de filmer Jack Sparrow en habit du carnaval de Dunkerque danser du break-dance… Triste sort pour qui a toujours eu la finesse de défendre habilement la différence et le rêve.

alicepaysmerveillestimburtonavecjohnnyl1.jpeg

On pensait La Planète des Singes un accident ; voilà un nouveau tête-à-queue dans une filmographie qui souffle désormais le chaud et le glacé de façon de plus en plus récurrente. Tim Burton, un pied dans la tombe ?

N.B. : la 3D ne sert à rien, elle a été plaquée en post-production. Enlevez-vos lunettes de temps à autre, vous y verrez certaines séquences complètes en 2D. J’ai pas prononcé le mot ‘arnaque’…

Image de prévisualisation YouTube







les HIERARCHIES divines |
Pivotfj |
Festival Communautaire du F... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ça tourne chez Lorang
| AnamorphoZ
| Top Movizs