LOST HIGHWAY

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Tu trouves Michael Bay compliqué ? Les films de Fabien Onteniente te font réfléchir ? L’univers de David Lynch t’est définitivement interdit !! Le chantre du bizarre et de l’image sensorielle va plus loin qu’il n’est jamais allé avec LOST HIGHWAY, thriller et film noir fantasmagorique, hallucinatoire, profondément angoissant, peuplé d’images tout droit sortis d’un cauchemar. Autant dire qu’après Eraserhead et Elephant man, après être entré dans une oreille coupée et avoir exploré le monde de Laura Palmer, Lynch va au bout de sa démarche créatrice visant à faire sentir le (ou les) monde(s) derrière la “réalité”, pour livrer un Alice derrière le miroir instinctif issu de l’inconscient d’un artiste insaisissable.

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Il ne faut pas chercher à expliquer un film de David Lynch, ce serait pure vanité, même s’il y a des clés propres à ouvrir les cadenas d’une intrigue en apparence incompréhensible et illogique : comment rationnellement aborder le changement d’identité physique d’un personnage emprisonné entre quatre murs ? et surtout, comment appréhender le lien établi entre le début et la fin, cyclique, mettant en scène le même personnage d’abord derrière la porte puis devant, se parlant à lui-même ?? Malgré tout, Lynch structure son récit là où le spectateur lambda n’y verrait que chaos : si Pete Dayton et Fred Madison n’ont pas du tout la même vie, loin s’en faut, des éléments de la vie de l’un se retrouvent en sourdine dans celle de l’autre, en jouant un rôle autre que le simple clin d’oeil. Par exemple, le morceau de sax’ que Fred interprète dans sa boîte fait mal au crâne de Pete qui l’entend à la radio, signifiant par là une espèce de détestation de l’autre en soi en même temps qu’un dédoublement de personnalité latent, prête à exploser. Ce n’est qu’un indice parmi d’autres, comprenant également les facettes contradictoires et similaires des figures prenant les traits sensuels de Patricia Arquette.

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On comprend donc plus ou moins qu’il s’agit de schizophrénie dont Lynch filme physiquement les symptômes mentaux, défiant du coup la logique narrative hollywoodienne classique. Et pour ce faire, l’auteur de Mulholland Dr. opte pour une mise en scène qui développe les sens : hors une BO dantesque (Rammstein et Marilyn Manson accompagnant des séquences terrorisantes) , le travail sur le son, absolument remarquable, offre un vrombissement constant, créant une ambiance crépusculaire pour laquelle le directeur photographie fait aussi des merveilles. Une apocalypse du quotidien, l’horreur prête à surgir derrière de longs couloirs drapés dans une noirceur sans fond. Le fantastique n’est jamais loin, et la normalité n’aura jamais semblé aussi usurpée et menaçante (la première partie “Fred Madison” en atteste avec force).

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Peut-être un peu abscons pour le profane, mais décidément résolu à garder sa part de mystère, LOST HIGHWAY frappe par sa puissante sensualité, travaillant principalement la réception immédiate et sensorielle d’images et de sons pour proposer un trip unique et expérimental dont l’onirisme réaliste imprime les rétines pour longtemps. David Lynch ira plus loin dans la subjectivité affective de son cinéma avec son chef-d’oeuvre suivant, Mulholland Dr., mais LOST HIGHWAY demeure un des plus grands cauchemars sur pellicule. Pour une fois, laisser le cerveau à l’entrée n’a rien de péjoratif.

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