ENTRE ICI…

« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… », psalmodiait André Malraux à l’occasion de l’entrée du résistant au Panthéon. Vers (bah oui, c’est de la poésie !) que je fais mien pour titrer cette page « carnet noir », registre des grands (et plus petits) noms du cinéma qui nous ont quitté.

Please don’t applause.

SIDNEY LUMET (25/06/1924 ; 09/04/2011)

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7H58 ce samedi-là était son dernier film. On se sait pas si Sidney Lumet s’est éteint à 7H58, mais c’était bien un samedi, des suites d’un cancer, à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui une carrière riche de plus de 50 films.

Fils d’artistes (papa joue la comédie, maman danse), Sidney commence par suivre la voie paternelle avant de se tourner définitivement vers la réalisation, d’abord pour la télévision. Son premier film de cinéma, 12 hommes en colère, est un classique qui jouit de la présence puissante d’Henry Fonda. On a connu débuts plus difficiles. Ses thèmes de prédilection sont déjà bien définis (justice, tolérance, analyse des systèmes de pression) jusqu’à les retrouver dans Serpico (1973), Network (1976), deux autres de ses faits d’armes.

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Sa passion du théâtre le pousse à plusieurs adaptations ambitieuses, dont La Mouette de Tchekhov, L’Homme à la peau de serpent de Tennessee Williams,…

Les années 70 sonnent son heure de gloire, décennie pendant laquelle il tourne Un Après-Midi de Chien avec Pacino, Le Crime de L’Orient-Express (d’après A. Christie), The Wiz, adaptation du Magicien d’Oz pour Michael Jackson. Les 80s lui seront moins favorables, avant de sombrer carrément au crépuscule du XXe siècle (son Gloria de triste mémoire). Bref retour à la télé ensuite (pour une série judiciaire -une marotte), et retour au cinéma avec Jugez-moi coupable : Vin Diesel en tête d’affiche, on ne peut que constater le changement d’époque…

Il n’empêche, Sidney Lumet mettait 12 hommes en colère pour commencer sa carrière, pour la terminer, il en plonge beaucoup d’autres dans la tristesse…

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ELISABETH TAYLOR (27/02/1932 ; 23/03/2011)

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Cléopâtre est morte…

Ce lundi 23 mars, Elisabeth « Liz » Taylor a rejoint Richard Burton, son mari de légende, sa légende de mari, dans le  ciel d’Hollywood, des suites d’une crise cardiaque.

Enfant-star dans les années 40 (elle crève l’écran dans Fidèle Lassie), elle  côtoie déjà des grands noms (Orson Welles, Joan Fontaine, Mickey Rooney) dans des films certes pas exceptionnels mais suffisamment agréables pour constituer une carrière en devenir (sous la direction de Michael Curtiz, Jack Conway, Richard Thorpe).

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Au début des années 50, sa filmo prend un tournant plus adulte (alors qu’elle n’est âgée que de 16 ans) sous l’impulsion de George Stevens (Une place au soleil, avec Monty Clift) et Thorpe (Ivanohé). Suivront plusieurs rencontres de prestige avec les réalisateurs Stanley Donen, King Vidor, Richard Brooks,… jusqu’à Géant (1956) où elle retrouve Stevens mais surtout James Dean et Rock Hudson pour un premier classique, suivi de nombreux autres : La Chatte sur un toit Brûlant (Brooks), Soudain l’été dernier (Mankiewicz), tous deux adaptations de Tennessee Willams. Mais c’est finalement avec un film mineur (La Vénus au vison, 1961) qu’elle remporte son premier Oscar, alors qu’elle est au creux de la vague professionnelle et personnelle.

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C’est en 1963 qu’elle renoue avec le succès avec Cléopâtre, un peu polémique, compte tenu de sa relation avec Richard Burton, et du budget faramineux qui faillit couler la 20th Century Fox. Hell development, tournage chaotique, Cléopâtre entre dans la légende, et ses interprètes avec lui. Elle tournera 8 autres films dans la foulée avec Burton, dont Qui a peur de Virginia Woolf (Mike Nichols, 1966) qui lui vaut un second Oscar.

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Les années 70 lui seront peu favorables, même si d’autres grands films voient le jour : Reflets dans un oeil d’or (John Huston), La Mégère apprivoisée (Zeffirelli), Et le miroir se brisa (Guy Hamilton) d’après Agatha Christie. Avant de sombrer dans le ridicule L’oiseau bleu (Cukor pourtant) qui scelle sa « déchéance »…

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Désormais abonnée à la télé, elle se retire progressivement pour se consacrer activement à la lutte contre le SIDA. Avant sa mort, la presse la raillait encore pour son apparence de « grosse vieille », ses nombreux mariages (8) et aventures, et son copinage avec Michael Jackson à une époque où il est de bon ton de brûler ses idoles. Pourtant, Liz Taylor restera à jamais cette reine d’Egypte magnifique, cette actrice faite beauté qui est parmi les seules à pouvoir se vanter d’avoir travaillé avec des légendes d’Hollywood.

A star is dead…

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