IRREVERSIBLE

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« Coquille vide et nauséeuse », « du Céline sans l’étincelle d’humanité. Il ne reste que la crasse », « un petit pas pour le cinéma, un grand pas pour la barbarie », « lors de la scène du viol, des spectateurs ont crié : c’est scandaleux, c’est une honte. Vous êtes des malades ». D’autres ont menacé Gaspar Noé de lui mettre sur la gueule, parce qu’il faisait injure au cinéma. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’IRREVERSIBLE ne laisse pas indifférent. Et il faut bien avouer que Noé met tout en oeuvre pour obtenir un tel résultat : boîte gay appelé Le Rectum glauque à souhait où l’on se fiste l’anus et où l’on se sodomise dans des coins sous des lumières infernales, musique éprouvante, filmage virevoltant au point de ne pas comprendre l’image, bas-fonds de la capitale et ses travelos, et point d’orgue : le viol en plan fixe de 15 mn de la sublimissime Monica Bellucci. Et après, plus rien…soudain, le vide…

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Reprenons : si l’on mélange tout cela, oui : IRREVERSIBLE est un amas de vomi éructé à la face d’un spectateur plus habitué à voir le Disney annuel en famille et à s’extasier devant la dernière comédie française à la mode que de s’infliger du Pasolini ou du Breillat. Première erreur, parce que derrière ce magma semble-t-il informe accentué par une caméra balbutiante, en mouvement perpétuel et hasardeux, ne captant que par fragment les situations filmées en plans-séquences, derrière donc se cache une structure, une architecture même, révélée par la brillante idée de l’inversion scénaristique, l’occasion pour le réalisateur également de s’affranchir de toute accusation d’apologie de la loi du talion : d’abord parce qu’il abandonne le spectateur à son propre ressenti lors des climax, en posant la caméra au sol, en le rendant alors complice, voyeur ; ensuite, parce que le montage ne donne aucune justification à la vengeance (que l’on ne sait d’ailleurs pas être une vengeance au moment où on en voit l’accomplissement).

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Et cette mise en scène que les récalcitrants auront conspué avant le premier quart d’heure ne prend sens que par rapport à son évolution au fil du métrage. Si le plan-séquence constitue la figure grammaticale centrale, pour ne pas dire unique, la manipulation de la caméra révèle une atmosphère, un état d’esprit, le niveau de contrôle de la situation, l’animalité, la pulsion, le hasard, et globalement, sur la longueur, le passage d’un enfer à un paradis. Problème temporel, qui est au centre du film, comme l’explicite le panneau final : l’enfer, s’il est passé pour le spectateur et pour le film, est l’avenir des personnages, du moins leur présent, tandis que ce paradis est celui de Milton, perdu, définitivement, malgré cette ouverture lumineuse, bouleversante séquence magnifiée par l’allegretto de la 7e symphonie de Beethoven. Chez Noé, le happy-end n’a pas lieu d’être, et si Seul contre tous, son précédent essai, pouvait laisser lui aussi sur la fin une impression d’ouverture, le cinéaste abat cette dernière dans le prologue où il fait astucieusement la jonction entre ses films, à l’instar de Kubrick, modèle déclaré au travers d’un poster de 2001 accroché au-dessus du lit de Cassel et Bellucci.

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Evidemment, cette référence n’est pas anodine, d’autant que cette affiche met en avant le fameux foetus astral, la naissance du surhomme nietzschéen, et l’espoir d’une nouvelle humanité qui, chez Noé, prend sens autour de la notion de sexualité qui traverse tout le film, passant par toutes les déviances pour ne finir que sur le couple Vincent-Monica, tellement simple, tellement vrai (tellement que Cassel, dans la séquence de la fête, se présente en tant que Vincent et non Marcus !!), tellement évident, qu’on en oublie presque le caractère fictif ce l’histoire. On passe alors sur la maladresse de Noé concernant les prémonitions, élément qui n’apporte rien stricto sensu à l’étude du travail du Temps, pour ne garder en tête que ce fol espoir, réduit à néant plus tôt mais révélé au final pour que l’homme ne sombre dans la folie et la désespérance.

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Ne retenons pas uniquement la volonté évidente de choquer, qui reste pour moi salutaire ; allons plus loin que la surface de l’image, essayons de comprendre la viscéralité de la mise en scène ; IRREVERSIBLE est un film majeur, une claque dans la gueule qui nous rappelle que le cinéma, ce n’est pas nécessairement un échappatoire à la réalité, mais peut-être un exutoire, un moyen de réflexion (dans tous les sens du terme) sur la société et sur l’homme. « Parce que le Temps détruit tout. Parce que certains actes sont irréparables. Parce que l’homme est un animal. Parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle. Parce que la perte de l’être aimé détruit comme la foudre. Parce que l’amour est source de vie. Parce que toute histoire s’écrit avec du sperme et du sang. Parce que les prémonitions ne changent pas le cours des choses. Parce que le Temps révèle tout. Le pire et le meilleur. »

Il y aurait encore beaucoup à dire sur IRREVERSIBLE, mais laissons le film parler de lui-même…

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BIENVENUE CHEZ LES CHTIS

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Chronique d’un spectateur chti à la projection du film de Danyboon :

Ah bah v’la, eh, chuis été eul 17 213 429e boubourse â ête aller raviser eul film eud Babiboom, Bienvenue chez les Chtis. J’étos fin bénache, ti, passque cha fait bien rigoler, hein, euss brun lâ. Et ch’est cha qu’est ben, eun comédie qui fait rigoler, qu’en â dans l’caf’tière, et qui t’prend pâ pour un baltringue qui vient aquater eun plache eud ciné pour euss vwaer chervir des carabistoules sur écran, d’la berdoule in barre comme euss pauvre Achtérix lâ, qui rp’art avec rin dins ch’marronne d’vint l’raz-d’marée des Chtis.Et pourque ? pourque in film deul région i bat in film avec plein de sous dans l’fazard et plein de stars ?

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Eul première cose, ch’est qu’ch’est vraimint drole, pisque Babiboom i a écrit sin chénario comm i aurot écrit un spectacle, rempli eud phrases lâ, qu’i disent des répliques les critiques eud cinéma, qui sont déjà cultes, des qu’on répète toudis in sortant deul challe. L’accent chti (ch’est même plutôt un patois, hein) i est toudis lâ, ch’qui fait qu’eul moteur du rire i tourne à n’in pus finir. Avec tout ch’comique eud mots (« ferme eut bouc’ tin nez i va querr eud’dins », « j’vous dis quoi », à la hauteur du dialogue sur Juste Leblinc dans eul repas d’babaches), in pourrot rajouter eul comique eud gestuel : eh, te vâs pâs dire qu’ch’est pas marrant rin qu’â vwaer Babiboom dins sin K-wai, eul giff à Philippe Duquesne, et Guy eud Motus. Surtout, pour in finir avec ches acteurs, la très décriée Line Renaud ressemb’ quand même ben à ches mamies de chez nous, et même si sin accent i est un peu trop forché, elle reste crédible.

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Du point d’vue de l’histwaere, Babiboom i est pas queu dans l’piège eud faire une évolution lente et progressive d’Abrahams : eun foâs débarqué à Bergues, y a qu’la première nuit et une demi-journée où cha s’passe mal pour li. Et pis ches gars de ch’nord i prennent eul taureau par les cornes et i z’y font vwaer eul vie comme al est : bielle comme tout. Du coup, eul scène où tout l’mont’ i faitb crwaere â s’femme que l’Nord ches les mines, les cats et les rats mingés sul’ barbec’, fait ben marrer par la profondeur des préjugés qu’i z’ont d’nous zot’, dans l’chud. Pis, in n’est pas auchi biête pisqu’on a conscience de châ. Et ch’qui r’ssort eud tout cha, ch’est eun vive émotion, eun fierté, qui te fait pas braire, mais presque : la chaleur qu’in n’a pâs dewhors mais dins l’coeur, et l’scène au Stade Bollaert (vin diouss qu’ch’est biau, hein, d’autant pus après ch’t'histoire eud banderole).

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In fin d’compte, Bienvenue chez les Chtis, ch’est eun leçon eud bonheur, eun façon d’vwaer eul vie malgré un contexte pas toudis drole (t’âs qu’â vir l’alcoolisme d’Intoine). Et ch’est pour çâ quel Frince d’aujourd’hui, dans le contexte socio-économique (vin diouss, cha fait bizaerre dans la bouche d’un chti, cha fait sérieux, hein !) qu’est l’not’, al fait un triomphle aux Chtis. Allez, reprindez avec mi : tout chti qui piche i tient ch’biroute dans ch’main !!!

Traduction :

Et bien voilà, je suis la 17 213 429e personne à être aller voir le film de Danyboon, Bienvenue chez les chtis. J’en suis ressorti très heureux, car le film est très drôle. Et cela fait du bien, une comédie qui fait rire, intelligente, et qui ne prend pas le spectateur pour un porte-monnaie à qui on peut raconter n’importe quoi, comme le malheureux Astérix aux JO, qui repart bredouille au box-office. Et pourquoi ? pourquoi une bande régionale bat un film au budget conséquent et au casting de stars ?

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En premier lieu, le film est vraiment drôle, car Danyboon a écrit son scénario comme un spectacle, perclus de répliques déjà cultes, que l’on ne cesse de se répéter après coup. Les particularités régionales sont omniprésentes et constituent en conséquence un moteur du rire qui tourne à plein. A ce comique de mots, vient s’ajouter un comique de gestuel, de Danyboon dont les mimiques – dans son fameux K-wai – provoque immanquablement le déploiement de gorge, ainsi que l’excellent Philippe Duquesnes, et Guy (voix off à Motus). Quant à Line Renaud, décriée pour son accent forcée, elle campe une mamie telle qu’on peut en cotoyer de par chez nous – les défauts de son accent sont vite effacés par des attitudes au réalisme et à la force comique saisissants.

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Pour ce qui est du scénario, Danyboon n’es pas tombé dans le piège d’une évolution progressive du personnage d’Abrahams : seules la première nuit et une demi-journée se passent mal. Tout simplement parce qu’on y est bien tout de suite, dans le Nord. L’arrivée de sa femme va amener des quiproquos ayant pour but de lutter contre les préjugés, avec l’intelligence de celui qui en a conscience. De cela, ressort une émotion palpable qui donne les larmes aux yeux de fierté, ne serait-ce que devant ce peuple en communion dans un stade de football.

Bienvenue chez les chtis s’avère donc une leçon de bonheur, de vie, dans un contexte socio-économique français pas des plus réjouissants. D’où ce succès. Allez chantons ensemble : censurécensurécensurécensurécensurécensuré

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BANZAÏ

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Claude Berri aura donc été le seul à savoir tirer le meilleur de Coluche, polémiste talentueux, humoriste génial, mais piètre comédien au service de scenarii sans relief et bas de plafond. Il faut bien reconnaître que le fils spirituel de Louis de Funès, ainsi proclamé, a beaucoup à envier à son prédécesseur, car si De Funès savait dynamiter par son énergie n’importe quelle pochade, Coluche, lui, suit paresseusement le cours de films à la dimension comique largement ébranlée par le poids des ans.

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Pour qui a vu Banzaï dans sa tendre enfance, revoir le film aujourd’hui ne constitue en rien une madeleine proustienne avec ce que cela sous-entend d’exquise nostalgie. Le chameau qui blatère ? scène trop courte et ressort comique trop peu exploité – et en matière de camélidé, on peut préférer l’imitation tordante de Jean Dujardin. Coluche à Harlem ? encore un souvenir de poilade qui s’est mué en sourire gêné. Reste quand même – mais c’est bien peu – Coluche elephant man, une séquence vraiment drôle qui aurait cependant mérité plus de longueur. Ou quand on on commence à déployer les gorges, c’est déjà fini. Frustrant.

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Comme en général, ce n’est pas l’esclaffade (l’esclaffement ?), on regarde ailleurs, on observe une mise en scène moribonde, peu rythmée, pas plus inspirée, finalement très télévisuelle, ce pourquoi ce Banzaï constitue avec la série des Gendarme une valeur sûre des rediff’ estivales. On décrypte un scenario qui tente tant bien que mal de relier entre elles des cartes postales qui ont dû coûter bien cher, jusqu’à s’en foutre royalement de ces transitions dans la seconde partie. Point positif, alors que d’autres se seraient régalés d’un racisme primaire généralisé, Zidi et Coluche profitent de courir les continents pour jouer des stéréotypes : Michel (Coluche) se trouve ainsi confronté à des blacks somme toute sympas, un rebelle africain itou, à des arabes « civilisés » qui lui font la morale. Au moins, on ne pourra pas taxer le film de franchouillardise exacerbée.

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Que reste-t-il de Banzaï, après toutes ces années ? Pas grand’chose : une poignée d’images ,de répliques, qui n’empêche pas le souvenir d’être largement entamé. Banzaï n’est pas drôle, c’est triste à dire, mais peu à peu, la comédie française des 80s dévoile son essoufflement , un vieillissement qui fait mal à la mémoire. Certains films méritent de ne vivre que dans le souvenir ; le problème, c’est qu’on n’en prend conscience qu’en les revoyant une ultime fois. Banzaï a été hara kiri…

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LA PERSONNE AUX 2 PERSONNES

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Au festival de Cannes 2008, on avait découvert sur le plateau de Canal Plus ce chanteur ringard resté bloqué dans les années 80, Gilles Gabriel. Alain Chabat déguisé pour la promo de son prochain film ? no-non, nous dit-on, c’est vraiment Gilles Gabriel, star oubliée auteur d’un titre phare passé à la trappe, ‘flou de toi’. Évidemment, la supercherie ne tient pas la route 2 secondes, mais la conviction que met Chabat dans son personnage promet un festival de ringardises dont il sera le porte-étendard. Du coup, quand GG (ou Gégé) meurt dans les cinq premières minutes de La Personne aux Deux Personnes, on se prend une rude claque et on se demande ce qu’il va maintenant advenir. C’est là la première d’une longue suite de surprises.

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Les réalisateurs Bruno et Nicolas ont tout misé en quelque sorte sur ce retournement de situation, sur cette attente, non pas déçue, mais détournée, afin de pouvoir nous embarquer dans une histoire largement mais librement inspirée du Dans la tête de John Malkovich de Spike Jonze. Car voilà, Chabat va devoir cohabiter avec Auteuil dans le corps d’icelui. Et autant vous prévenir, Chabat, vous n’allez plus le voir du tout – ou presque – mais alors, vous allez l’entendre !

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Reste que, si l’idée a de quoi surprendre et occasionner des séquences vraiment drôles au début, le film a tendance à s’étioler, le concept ne faisant pas long feu. Scénaristiquement parlant, le ressort comique apparaît bien faible, malgré les efforts pour dresser le portrait d’un homme complètement ringard, psychologiquement, physiquement, reflété dans un appartement dont la fenêtre donne directement sur une voie rapide. C’est l’occasion de (re)découvrir un Daniel Auteuil monstrueux, imposant, bouffant la caméra comme il ne l’a pas fait depuis longtemps ; il en devient hypnotique, compensant la relative déception de n’avoir pas droit à la drôlesse naturelle de Chabat. Face à lui, Marina Foïs campe une cadre sup’ asentimentale, méprisante, à qui il va ouvrir les yeux et le cœur, dans une scène mémorable de présentation de bilan…musicale.

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Fort sympathique malgré quelques menus défauts et longueurs, La Personne aux Deux Personnes aurait pu prétendre à plus d’ambition et creuser la vertigineuse question de l’identité à l’œuvre chez Jonze et Gondry. Au lieu de cela, Nicolas et Bruno effleurent le sujet, au travers d’une séquence où l’on pense que le film bascule – mais non – et ‘assure’ le spectacle via un final à tiroirs, certes drôle, mais manquant d’épaisseur.

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Mais bon, ne faisons pas la fine bouche devant cette comédie atypique, véritable ovni dans le paysage cinématographique français, qui bénéficie d’autant de qualités que de défauts, somme toute attachants. Dans tous les cas, on repart avec en tête ce tube de l’année 1984, ‘flooouuuuuuuuuuuuu de toi’…

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JE VOUS TROUVE TRES BEAU

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L’Histoire du cinéma français est faite de films dont on ne soupçonnait même pas qu’ils pouvaient dépasser le million d’entrées. Et à l’inverse, les grosses productions ultra-médiatisées se prennent les pieds dans le tapis, et ne font illusion qu’un temps. Le spectateur hexagonal moyen ne demande rien de plus que de la sincérité, la possibilité de se projeter dans des personnages crédibles, qui seront décrits à hauteur d’hommes, mus par des sentiments propres au commun des mortels. De fait, de ‘petites’ productions comme Bienvenue chez les Chtis, ou ce Je vous trouve très beau, font les beaux jours du box office à la surprise générale, et plus tard du prime time du dimanche soir sur les chaînes hertziennes, puisque répondant à ce cahier des charges simple mais efficace.

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Le film d’Isabelle Mergault prend assise dans un cadre terroir, mettant en scène la France d’en bas : ici, ce sera le monde agricole et ses représentants, des ‘bouseux’, des espèces de néendertaliens à l’heure de l’internet et des bouchons constants sur le périph’ parisien. On le comprend assez vite, Mergault ne souhaite certainement pas tomber dans la caricature mais creuse considérablement le sillon de la dichotomie rat des villes-rat des champs. Ainsi, Aymé est un professionnel de la terre, bourru, asocial, qui ne déplore la perte abrupte de sa femme (que l’on confond volontiers avec une boniche) que pour l’absence d’une main-d’oeuvre qualifiée. C’est là le point de départ d’une histoire où la ‘bête’ va laisser tomber la carapace grâce à une ‘belle’ captive.

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Au début désarçonné par un montage aussi austère que le monde dépeint et par un humour à froid décontenançant, l’arrivée de la belle Medea Marinescu va souffler sur le film un air de fraîcheur dont on se demande pendant combien de temps Michel Blanc va y résister. Là réside tout l’intérêt d’un scénario qui va confronter régulièrement la joie de vivre d’Elena au négativisme d’Aymé. C’est un peu court, jeune homme ?

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Certainement, mais Mlle Mergault sait nous proposer des situations, non pas forcément inédites, en tous cas suffisamment intéressantes pour continuer de suivre ce jeu du chat et de la souris dont l’issue, prévisible (mais c’est le genre qui veut cela), témoignera encore une fois de l’honnêteté cinématographique de la réalisatrice.

Ajoutons à cela de belles images de la France de Jean-Pierre Pernault (en premier lieu celle qui a servi pour l’affiche) qui témoignent d’une certaine inspiration. Bien sûr, Je vous trouve très beau n’est pas un chef-d’oeuvre, souffre ici ou là de défaillances imputables à l’inexpérience d’Isabelle Mergault, mais pour un premier film, c’est plus que satisfaisant. C’est du cinéma terrien, joliment fait, généreux, humain, qui, sans rester dans l’Histoire, trouvera toujours une place dans le cœur du public. N’en déplaise aux Bronzés 3, Astérix aux JO, et autres géants aux pieds d’argile.

L’histoire du pot de terre contre le pot de fer, finalement…

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