REQUIEM POUR UN MASSACRE

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En Occident, le cinéma russe, c’est pas notre tasse de thé : Eisenstein a longtemps été censuré (Le cuirassé Potemkine mettre plus de 20 ans pour débarquer sur les écrans français), Vertov et son Homme à la caméra jusqu’à peu délaissé. Et puis avec cette foutue guerre froide, il n’y a guère que Tarkovski qui ait réussi à passer le mur. Peur de la propagande ? pourtant, les Ricains ne se sont pas gênés avec des œuvres au reaganisme aussi peu subtil que Rocky IV.

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Sort donc en 1985 Requiem pour un massacre (Come and see en « vo », bêtement traduit en ce titre de western de seconde zone), film majeur sur les exactions nazies en Bielorussie.

Car oui, Hitler ne s’est pas contenté d’exterminer en Pologne, de déporter en France, de bombarder en Angleterre. Il a également éradiquer 628 villages (entre autres) et leurs habitants de l’ex-URSS.

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L’occasion de (re)découvrir un monument qualifié par l’écrivain Ballard (Crash, à l’origine du film de Cronenberg) de plus grand film de guerre jamais tourné. Alliant avec une force incroyable une forme spectaculairement cinématographique (et inversement) à un réalisme de plus en plus dérangeant au fil du métrage, Elem Klimov, à l’instar de Coppola sur Apocalypse now, nous emmène dans une descente aux enfers aux accents parfois mythiques, vécue à travers le regard d’un gamin de 15 ans découvrant l’amour et sa fatale destinée en temps de guerre, et l’horreur inhérente à la situation.

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Intelligemment, le réalisateur russe ne s’arrête pas à la stigmatisation du nazisme, la haine de l’idéologie hitlérienne est dépassée par celle plus forte de la barbarie humaine. On oscille entre plans fixes de visages (30′ d’identification un peu morne) transfigurés par les événements, et plans-séquences d’une majesté rare, évoquant le grand Kanal de Wajda. Le contre-champ est pour ainsi dire banni afin de saisir l’intégralité des séquences avec une économie de scènes. Sur un des ces plans somptueux nourri par un extrait du magistral Requiem de Mozart, le film se clôt pour verser chez le spectateur un de ces sentiments qui lui font comprendre l’importance de ce qu’il vient de voir.

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Le mot chef-d’œuvre est par trop galvaudé pour être utilisé à l’encontre de ce Requiem pour un massacre.

http://www.dailymotion.com/video/x2r1cw




MANIAC

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On prend souvent Henry portrait of a serial killer comme exemple type du film de… serial killer. Peut-être parce qu’il ne donne aucune signification ou indication sur les motivations d’Henry. Mais on aurait tendance à oublier un mètre étalon en la matière, ce Maniac, dirigé par un William Lustig qui se fera une spécialité de ce genre de films sans concession (maniac cop, vigilante), interprété par un Joseph Zito d’autant plus habité qu’il a lui-même porté ce projet à bout de bras, et même écrit.

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Autant dire qu’à l’écran, le tueur et l’acteur ne font qu’ »un ». Tourné avec des bouts de ficelles, le côté cheap de l’entreprise et plus particulièrement de l’image renforce un réalisme malsain, crasse, reflet d’une autre facette de la société, celle des laisser-pour-compte, celle qui a définitivement abandonné l’idée de pouvoir un jour accéder à l’American way of life.

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Difficile donc, d’entrer dans l’univers pour le moins tourmenté de ce pauvre diable poursuivi par un complexe d’œdipe inaltérable. Car on est happé, emmené de force dans son esprit torturé, où l’on assiste, impuissant tel ses victimes, à des tueries gratuites et particulièrement «saignantes» (grâce soit rendue à Tom Savini, le maquilleur de la trilogie de Romero, qui en plus réalise ici les séquences où ses SFX interviennent). Les ligues de protection de la femme peuvent crier au scandale, il n’y a aucun sensationnalisme dans la présentation des meurtres, aucune forme de délectation dans la vision de ces corps dégradés : le tueur lui-même prend conscience de sa maladie et ses actes lui coûtent presque autant (!!!!!) qu’à ses victimes.

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Le final n’a pas fini de hanter les nuits des plus aguerris à ce type de spectacle. Un classique qui en dit plus que bon nombre de documentaires sur la société américaine des 80s.

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BANZAÏ

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Claude Berri aura donc été le seul à savoir tirer le meilleur de Coluche, polémiste talentueux, humoriste génial, mais piètre comédien au service de scenarii sans relief et bas de plafond. Il faut bien reconnaître que le fils spirituel de Louis de Funès, ainsi proclamé, a beaucoup à envier à son prédécesseur, car si De Funès savait dynamiter par son énergie n’importe quelle pochade, Coluche, lui, suit paresseusement le cours de films à la dimension comique largement ébranlée par le poids des ans.

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Pour qui a vu Banzaï dans sa tendre enfance, revoir le film aujourd’hui ne constitue en rien une madeleine proustienne avec ce que cela sous-entend d’exquise nostalgie. Le chameau qui blatère ? scène trop courte et ressort comique trop peu exploité – et en matière de camélidé, on peut préférer l’imitation tordante de Jean Dujardin. Coluche à Harlem ? encore un souvenir de poilade qui s’est mué en sourire gêné. Reste quand même – mais c’est bien peu – Coluche elephant man, une séquence vraiment drôle qui aurait cependant mérité plus de longueur. Ou quand on on commence à déployer les gorges, c’est déjà fini. Frustrant.

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Comme en général, ce n’est pas l’esclaffade (l’esclaffement ?), on regarde ailleurs, on observe une mise en scène moribonde, peu rythmée, pas plus inspirée, finalement très télévisuelle, ce pourquoi ce Banzaï constitue avec la série des Gendarme une valeur sûre des rediff’ estivales. On décrypte un scenario qui tente tant bien que mal de relier entre elles des cartes postales qui ont dû coûter bien cher, jusqu’à s’en foutre royalement de ces transitions dans la seconde partie. Point positif, alors que d’autres se seraient régalés d’un racisme primaire généralisé, Zidi et Coluche profitent de courir les continents pour jouer des stéréotypes : Michel (Coluche) se trouve ainsi confronté à des blacks somme toute sympas, un rebelle africain itou, à des arabes « civilisés » qui lui font la morale. Au moins, on ne pourra pas taxer le film de franchouillardise exacerbée.

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Que reste-t-il de Banzaï, après toutes ces années ? Pas grand’chose : une poignée d’images ,de répliques, qui n’empêche pas le souvenir d’être largement entamé. Banzaï n’est pas drôle, c’est triste à dire, mais peu à peu, la comédie française des 80s dévoile son essoufflement , un vieillissement qui fait mal à la mémoire. Certains films méritent de ne vivre que dans le souvenir ; le problème, c’est qu’on n’en prend conscience qu’en les revoyant une ultime fois. Banzaï a été hara kiri…

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