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BENJAMIN GATES ET LE LIVRE DES SECRETS

 

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Benjamin Gates est à Indiana Jones ce que mon fils de 3 ans est à Picasso…non, ce serait méchant envers ma descendance qui manifeste déjà à son âge de belles dispositions pour l’art (qui a dit on s’en fout ??). Jon Turtletaub (prononcé dans la langue de Goethe, il y a quand même le mot ‘daube’ dans son nom !) n’est pas Spielberg et semble s’attacher à le démontrer, recyclant sans vergogne mais aussi et surtout sans talent les vertus qui ont fait de la saga d’aventure créée par George Lucas et son compère la plus réussie de l’Histoire du cinéma.

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Gates est un archéologue, à sa manière – pantouflarde – qui doit faire face à une sordide affaire scandaleuse qui salit le nom d’un aïeul, et par conséquent le sien et celui de toute sa famille très respectable puisque symbolique des valeurs de l’oncle Sam. Sachant qu’il est impossible que cet arrière-arrière-arrière-grand-père soit un méchant sur la base que quand on est gentil, on l’est de génération en génération – c’est mathématique, scientifique – Benjamin part à la reconquête de l’honneur de sa famille. Un concept purement hollywoodien qui a le mérite de fixer les personnages dans leur caractérisation initiale, qui empêche toute velléité de complexité psychologique. Passons là-dessus, le spectateur lambda n’est certainement pas venu pour se faire raconter Freud en deux heures, plutôt pour chercher de l’action familiale, un divertissement pur et dur dans la lignée des références affichées (Indiana Jones et, plus récent, La Momie).

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Seulement voilà, écrasé sous le poids de l’influence de ses illustres prédécesseurs, Le Livre des Secrets ne parvient jamais à décoller, la faute à un scénario qui n’implique pas son public dès le postulat : même si la quête change de donne en cours de route, la motivation première de Ben, laver l’affront fait à sa famille, est déjà rasoir, d’autant que la teneur du complot nous échappe complètement au point de zapper littéralement ce début poussif. Pour les péripéties en elles-mêmes, on aura bien des difficultés à trouver plus mou du genou, entre une course-poursuite à 50 km/h dans les rues de Londres et l’enlèvement du Président des USA qui ne pourra que révolter le peuple puritain d’Obésie. Passons encore sur les événements dans les entrailles du Mont Rushmore, pâle copie rythmiquement grabataire des plus grandes heures du Dr. Jones.

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Comparativement, le résultat est sans appel : le métrage est un ratage complet qui se trouve pris en défaut là où il aurait pu marquer des points. Le casting, notamment, qui voit Nicolas Cage moins charismatique et convaincu que Brendan Fraser (un exploit ?), Jon Voight mal à l’aise dans un rôle de bon papa écrasé par une Helen Mirren qui, avec le toujours quoi qu’il arrive très bon Ed Harris, constituent l’unique satisfaction du film. Toujours comparativement, après l’arche d’alliance et le Saint-Graal, les Mystérieuses cités d’or chères à Esteban, Zia & Tao pouvaient aviver l’intérêt du spectateur. Las, le traitement direct de cet élément scénaristique pue la paresse – alors ? on n’a pas eu les sous pour aller en Amérique latine ? – et la prétention : Turtletaub s’en va filmer au Mont Rushmore, lieu cinématographiquement immortalisé par la Mort aux Trousses d’Hitchcock, en espérant bénéficier de son aura légendaire. Mais en en faisant une simple porte dérobée (ok, énorme, la porte…), le cinéaste se fourvoie. Pire, il avalise une idée parmi les plus cons dans l’histoire des idées les plus cons : les Cités d’Or sont cachées aux USA, sous le Mont Rushmore !! Ne vous offusquez pas de ce spoiler, au pire, il vous privera d’un grand éclat de rire lors de sa révélation…

Benjamin Gates et Le Livre des Secrets est certainement le plus pantouflard des films d’aventures, paresseux, soporifique, mettant en avant une affiliation indigne pour garant de la qualité. Comme si le simple fait d’apposer la signature de Picasso sur un gribouillage de mon fils suffisait à en faire un chef-d’œuvre. Vu le succès du film, le recyclage-pompage industriel a de quoi donner des idées.

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