• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 19 avril 2011

MARLEY ET MOI

19042011

marleyetmoi.jpg

Le Chien est le meilleur ami de l’homme, et le cinéma tient régulièrement à nous le faire savoir, quitte à entériner un nouveau genre, le film canin. Point commun entre Volt, Palace pour chiens, Le chihuahua de Beverly Hills, et Marley et moi ? la médiocrité, un manque d’originalité frappant jusqu’aux titres français ; plus encore, concernant le métrage de David Frankel, une idéologie douteuse (un bien grand mot, me direz-vous) et parfaitement dans l’air du temps : le repli sur soi et une misanthropie galopante.

3648582tvugc.jpg
En soi, Marley et moi ne fera de mal à personne. Défini comme une comédie, le film ne fait sourire qu’à de rares moments, à l’instar du précédent travail de Frankel, Le Diable s’habille en Prada. Forcément, les gags (si on peut appeler ça ainsi) mettant en scène des humains confrontés à un chien sont légions et c’est sans vergogne mais surtout sans vitalité que le réalisateur se jette sur ces ‘passages obligés’ (Marley est incontrôlable en promenade, casse tout par peur de l’orage, mange tout ce qui se passe près de sa gueule). Ce n’est peut-être pas l’intérêt majeur du film, le chien faisant surtout figure de catalyseur des relations humaines, cependant voilà déjà un aspect passablement raté.

19017384.jpg
Ce qui sauve Marley et moi du naufrage, c’est la place accordée à l’humain, Frankel choisissant de faire du labrador l’élément déclencheur d’une vie, professionnelle, amoureuse, familiale. Le couple formé par un Owen Wilson toujours aussi chien battu ou ahuri et une Jennifer Aniston qui devrait attaquer en justice son chirurgien plastique pour malfaçon, fonctionne plus ou moins bien, mais leurs pérégrinations du quotidien manquent cruellement d’originalité, d’où la question : quel est l’intérêt de l’article, du bouquin, appelons-le comme on voudra, à l’origine de ce film. Pas un fait divers, pas de rebondissements fracassants, juste une vie tournant autour d’un clebs faisant ce que tous les autres clebs du monde ont fait avant lui. Le regard de l’homme sur la bête et ses conséquences, me direz-vous ? parlons-en.

marleyetmoimarleyme04032009251220082g.jpg
Cinématographiquement parlant, Marley et moi est ce qu’il peut se faire de plus simple, de plus rapide à la production, à Hollywood. Un produit calibré, prévendu, comme certains ne passent même pas les portes des salles obscures. Ce qu’il propose comme fond de pensée est assez inédit pour un film aussi anodin et inoffensif : car la morale de cette histoire canine consiste en une idéologie communautaire, où l’homme se replie sur lui-même, avec sa famille, pour fuir la masse informe de l’humanité. La palme de la démagogie revient à ce comparatif hallucinant et nauséeux entre Marley et le meilleur ami du héros, ce dernier l’ayant ‘abandonné’ au profit de sa carrière et de la gent féminine alors que le premier aura été d’une fidélité légendaire, et au détour d’une courte séquence de retrouvailles, on touche du doigt l’incroyable mépris soudain du réalisateur pour les relations humaines, mettant à bas la psychologie complexe qui fait notre être pour ériger en modèle le comportement du chien à l’égard de son maître. Quant à la dernière partie, insidieusement lacrymo-tractée, elle met un point final à cette leçon de misanthropie, à cette nouvelle ode au chacun pour soi et nos amis les bêtes.

marleywilsonaniston.jpg
Nul doute que Marley et moi aura rencontré un franc succès, le marché de l’émotion animalière étant florissant, le public se contrefoutant de la mort d’un SDF au bas de leur immeuble, s’émouvant de celle d’un animal sur grand écran. Quoi, ça aussi, c’est démago ?? oui, mais moi, je l’assume. Parler de cynisme pour ce film, un drôle de paradoxe…

Image de prévisualisation YouTube







les HIERARCHIES divines |
Pivotfj |
Festival Communautaire du F... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ça tourne chez Lorang
| AnamorphoZ
| Top Movizs