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THE MIST

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On n’en finit plus d’adapter les nouvelles et romans de Stephen King, et Frank Darabont s’est apparemment spécialisé dans le «genre», puisqu’après les Evadés (une réussite) et la Ligne verte (un ratage démago, n’en déplaise à beaucoup), voilà qu’il s’attaque à la nouvelle Brume, petit monument de terreur au pitch unique (quoique, un bâtiment assiégé par des monstres, hum hum…). Au final, The Mist est un juste putain de film.

 

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En 1/4 d’heure, la mise en place nous coince avec les personnages dans cette supérette devant laquelle squatte un brouillard dont il faudra encore un peu attendre pour découvrir ce qu’il recouvre. La caractérisation des personnages évite la caricature qui n’a rien de définitive, par exemple le bouseux bourru prêt à mettre sur la couenne de quiconque, qui laisse ses corones au vestiaire dès que le monstre apparaît, qui se laissera submerger par le fanatisme religieux. Tout cela afin d’évoquer la faille identitaire d’un peuple (allez, au pif, les Ricains ?) confronté à l’inattendu, thème décidément bien en vogue (Cloverfield) qui prouve que le cinéma d’épouvante reprend ses droits critiques abandonnés depuis trop longtemps.

 

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La charge contre le fanatisme religieux justement : là, Darabont n’y va pas de main morte, et alors qu’on s’attendait à un film où les monstres bouffent tout le monde tous les 1/4 d’heure, on se rend compte, au travers d’un cheminement certes long mais savamment progressif, qu’il y a peut-être plus à craindre à l’intérieur du magasin qu’à l’extérieur. Le personnage de Marcia Gay Harden donne d’abord envie de rire, puis nous énerve, et finalement effraie, un effroi lié plus à la crédulité aveugle des autres personnages qu’à sa réelle folie. Et cette dénonciation implacable aboutit à un dénouement d’une noirceur abyssale, à la fois bouleversant et d’une ironie qu’on trouverait presque déplacé si elle n’en disait pas aussi long sur la nature humaine, et finalement sur la soit-disant volonté de Dieu.

 

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Afin de mieux coller à cette atmosphère d’apocalypse qui évoque de manière à peine voilée l’Amérique post-11 septembre, Darabont opte pour une mise en scène ultra-réaliste, à coups de caméra à l’épaule et de zooms courts et brutaux, façon reportage de guerre. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le spectateur est plongé au coeur même de l’intrigue, protagoniste à part entière de cet échantillon représentatif de l’humanité, confronté à une situation fantastique (au sens strict, instillé par l’histoire même – l’invasion du surnaturel dans le naturel) qui fait ressortir la bestialité de l’homme.

 

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Malgré un casting légèrement décevant (le jeu de certains acteurs aurait gagné à plus de profondeur)et des CGI pourris (heureusement d’une part masqués par la brume, d’autre part relativement rares, Darabont étant plus intéressé par l’humain), THE MIST s’avère un vrai chef-d’oeuvre, pendant naturel et nécessaire de La Guerre des Mondes de Spielberg pour comprendre le monde d’aujourd’hui : l’homme y est dépossédé de son pouvoir pour se retrouver confronté à lui-même, à sa part sombre. Le reste, la « fin », est une question de sensibilité.

 

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