ANGES ET DEMONS

6 04 2011

angesetdemons.jpg

Le pape Jean-Paul II ayant été rappelé par les trompettes des anges, Hollywood s’est précipité pour profiter de cette nouvelle ferveur chrétienne, se jetant comme un mort de faim sur les bouillies littéraires de Dan Brown, dont on leur reconnaîtra malgré tout une efficacité propre à satisfaire les masses (comprenez les fans de Jean-Pierre Pernault à travers le monde). Après le poussif Da Vinci Code, Ron Howard et Tom Hanks (on ne change pas une équipe qui perd) remettent le pied à l’étrier pour… faire pire, ce qui en soi peut être perçu comme un exploit, un miracle. Leur Anges et Démons est aussi intéressant que la lecture des Evangiles par un athée bègue.

angesetdemons7.jpg

Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, avant même de voir la qualité même du film : c’est cet opportunisme hypocrite dans lequel se complait l’équipe au complet, d’un Tom Hanks ahuri et boursouflé traînant ses kilos en trop à la recherche du temps béni des films à Oscars, d’un Ron Howard ne prêchant que pour sa seule paroisse – celle du dollar facile -, d’un Hans Zimmer qui se fait plaisir à composer avec des choeurs aussi désincarnés que le scénario. Le sujet est traité par dessus la jambe, par la grâce de raccourcis démentiels, de ficelles grosses comme des cierges, et une complaisance sans borne (voir en cela les supplices en désaccord formelle avec la menace édictée, ou encore cette manie de frelater les mises à mort les moins spectaculaires).

angesetdemons31.jpg

On se sent en fait perdu, à la recherche constante d’un point d’ancrage, d’une ligne directrice, qui soit autre que ce pseudo suspense à la Se7en qui voit Tom Hanks arriver toujours avec un train de retard, malgré sa haute culture et ses déductions à en faire pâlir les héros d’Agatha Christie. La fonction didactique d’une telle intrigue serait exemplaire si ces messieurs de la plume hollywoodienne ne s’empressaient pas de tout saccager à peine l’intérêt éveillé. Croyant produire un tour de force en situant l’action au coeur même du Vatican et ses rouages troubles (une topographie toute horizontale), Howard et ses scénaristes oublient de nuancer un personnage central pour en faire une espèce de Kaiser Sozë dont on a tôt fait de découvrir le secret, tant la caractérisation tourne à la caricature.

angesetdemons3.jpg

Tout aussi mou que son prédécesseur, Anges et Démons s’affirme encore plus mauvais, par l’absence d’enjeu véritable (une course contre la montre, John McClane en court 5 en un film), par l’absence de personnages forts (avec une nuance pour Armin Mueller-Stahl), et surtout par l’absence d’une mise en scène idoine, bien trop lisse là où un réalisateur de la trempe de Paul Greengrass aurait apporté nervosité et rythme. Ainsi fait, Anges et Démons ressemble à une grabataire parti prier à Lourdes pour un miracle. Malheureusement, pas de miracle ici : comme on dit, Howard a vu la vierge…

Image de prévisualisation YouTube


Actions

Informations



Laisser un commentaire




les HIERARCHIES divines |
Pivotfj |
Festival Communautaire du F... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ça tourne chez Lorang
| AnamorphoZ
| Top Movizs