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ANGES ET DEMONS

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Le pape Jean-Paul II ayant été rappelé par les trompettes des anges, Hollywood s’est précipité pour profiter de cette nouvelle ferveur chrétienne, se jetant comme un mort de faim sur les bouillies littéraires de Dan Brown, dont on leur reconnaîtra malgré tout une efficacité propre à satisfaire les masses (comprenez les fans de Jean-Pierre Pernault à travers le monde). Après le poussif Da Vinci Code, Ron Howard et Tom Hanks (on ne change pas une équipe qui perd) remettent le pied à l’étrier pour… faire pire, ce qui en soi peut être perçu comme un exploit, un miracle. Leur Anges et Démons est aussi intéressant que la lecture des Evangiles par un athée bègue.

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Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, avant même de voir la qualité même du film : c’est cet opportunisme hypocrite dans lequel se complait l’équipe au complet, d’un Tom Hanks ahuri et boursouflé traînant ses kilos en trop à la recherche du temps béni des films à Oscars, d’un Ron Howard ne prêchant que pour sa seule paroisse – celle du dollar facile -, d’un Hans Zimmer qui se fait plaisir à composer avec des choeurs aussi désincarnés que le scénario. Le sujet est traité par dessus la jambe, par la grâce de raccourcis démentiels, de ficelles grosses comme des cierges, et une complaisance sans borne (voir en cela les supplices en désaccord formelle avec la menace édictée, ou encore cette manie de frelater les mises à mort les moins spectaculaires).

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On se sent en fait perdu, à la recherche constante d’un point d’ancrage, d’une ligne directrice, qui soit autre que ce pseudo suspense à la Se7en qui voit Tom Hanks arriver toujours avec un train de retard, malgré sa haute culture et ses déductions à en faire pâlir les héros d’Agatha Christie. La fonction didactique d’une telle intrigue serait exemplaire si ces messieurs de la plume hollywoodienne ne s’empressaient pas de tout saccager à peine l’intérêt éveillé. Croyant produire un tour de force en situant l’action au coeur même du Vatican et ses rouages troubles (une topographie toute horizontale), Howard et ses scénaristes oublient de nuancer un personnage central pour en faire une espèce de Kaiser Sozë dont on a tôt fait de découvrir le secret, tant la caractérisation tourne à la caricature.

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Tout aussi mou que son prédécesseur, Anges et Démons s’affirme encore plus mauvais, par l’absence d’enjeu véritable (une course contre la montre, John McClane en court 5 en un film), par l’absence de personnages forts (avec une nuance pour Armin Mueller-Stahl), et surtout par l’absence d’une mise en scène idoine, bien trop lisse là où un réalisateur de la trempe de Paul Greengrass aurait apporté nervosité et rythme. Ainsi fait, Anges et Démons ressemble à une grabataire parti prier à Lourdes pour un miracle. Malheureusement, pas de miracle ici : comme on dit, Howard a vu la vierge…

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DA VINCI CODE

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Le bouquin de Dan Brown, je l’ai dévoré en 5 jours : déroulement en chasse au trésor, secret absolument incroyable, argumentation, pour les profanes, très persuasive. On en oublie que c’est écrit comme un best-seller d’aujourd’hui (comprenez commercial, et sans personnalité) et que l’intérêt pour le livre fond comme neige au soleil après lecture. Mais l’intelligence du roman consiste en cela qu’il pousse le lecteur à s’interroger sur le complot historique, sur sa véracité et sur celles des preuves avancées ; bref une remise en question de l’histoire, même et surtout religieuse, et une revalorisation, dans le même esprit, de la femme, ce dont elles ont bien besoin de nos jours.

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Le film à présent : sans être la purge annoncée, le film reste dans l’ensemble mauvais, mais pas nécessairement par faute de ses artisans. L’intrigue est bêtement plaquée sur celle du livre qui procéde d’un découpage scénaristique mais qui aurait besoin d’un véritable travail d’adaptation. En gros, voir le film revient à relire le bouquin (effet de surprise nul, suspense inexistant). Les rebondissements s’enchaînent automatiquement, voulant aller au plus vite, au risque de laisser dans l’ombre certains aspects essentiels à la compréhension.

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Les acteurs font de leur mieux, en vain, pour capter notre attention. Quant à la musique de Zimmer, ça me fait mal de dire ça, mais elle semble en constant décalage avec l’image, en tous cas ne la soutient pas, malgré de réels efforts pour sacraliser l’ensemble.

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Ce n’est donc pas une bouse, c’est passablement regardable, pour peu que l’on n’ait pas lu le livre. Dans le cas contraire, le film apparaît comme une invitation à la lecture : on s’y ennuie moins, et on évite le ridicule qui perce parfois dans le film.

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