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FAUST

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Quand on parle Expressionnisme allemand, on pense en premier à Fritz Lang qui a, c’est vrai, livré pas mal de chefs-d’œuvre de ce courant. Mais il ne faudrait en aucun cas que la filmo de Lang éclipse celle, plus confidentielle, plus courte, mais tout aussi excellente, de Murnau.

Truffaut n’a-t-il pas déclaré que L’Aurore était le plus beau film de tous les temps (en même temps, il n’a pas pu voir Bad Boys 2, donc son assertion est toute relative…!!).

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Le Faust de Murnau fait vraiment figure d’ovni. Formellement, l’expressionnisme se marie parfaitement avec le romantisme gothique de l’œuvre de Goethe, et permet des images ahurissantes : les 3 (pas 4 ?) cavaliers de l’apocalypse, chevauchant sur des nuages noirs, le diable recouvrant de sa cape le village, et outre ces images fantasmagoriques issues du fantastique, de superbes plans des visages, notamment dans la séquence finale où Faust retrouve sa vieillesse au pied du bûcher de sa bienaimée. On pourrait dresser une liste longue comme ça de scènes marquantes (j’oubliais la séquence où Gretchen cherche un abri en pleine tempête de neige), et quelques cinéastes accrocs au bavardage et au tout-explicite devrait s’inspirer de l’incroyable sens de l’image du cinéaste muet (ses films, pas lui, hein !) : jeu d’acteurs, photographie, montage, tout permet au spectateur une parfaite compréhension de ce qui se trame.

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Derrière cette tragédie, dont le dénouement, pour funeste qu’il apparaisse, constitue une lueur d’espoir, se cache un hymne à l’amour, à l’humanité, à l’amour de l’humanité, qui, à l’instar des films de Lang dans les 20s-30s, annonce l’arrivée de l’extrémisme façon petite moustache et mèche de côté, tout en la combattant par ce simple mot : AMOUR.

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BANZAÏ

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Claude Berri aura donc été le seul à savoir tirer le meilleur de Coluche, polémiste talentueux, humoriste génial, mais piètre comédien au service de scenarii sans relief et bas de plafond. Il faut bien reconnaître que le fils spirituel de Louis de Funès, ainsi proclamé, a beaucoup à envier à son prédécesseur, car si De Funès savait dynamiter par son énergie n’importe quelle pochade, Coluche, lui, suit paresseusement le cours de films à la dimension comique largement ébranlée par le poids des ans.

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Pour qui a vu Banzaï dans sa tendre enfance, revoir le film aujourd’hui ne constitue en rien une madeleine proustienne avec ce que cela sous-entend d’exquise nostalgie. Le chameau qui blatère ? scène trop courte et ressort comique trop peu exploité – et en matière de camélidé, on peut préférer l’imitation tordante de Jean Dujardin. Coluche à Harlem ? encore un souvenir de poilade qui s’est mué en sourire gêné. Reste quand même – mais c’est bien peu – Coluche elephant man, une séquence vraiment drôle qui aurait cependant mérité plus de longueur. Ou quand on on commence à déployer les gorges, c’est déjà fini. Frustrant.

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Comme en général, ce n’est pas l’esclaffade (l’esclaffement ?), on regarde ailleurs, on observe une mise en scène moribonde, peu rythmée, pas plus inspirée, finalement très télévisuelle, ce pourquoi ce Banzaï constitue avec la série des Gendarme une valeur sûre des rediff’ estivales. On décrypte un scenario qui tente tant bien que mal de relier entre elles des cartes postales qui ont dû coûter bien cher, jusqu’à s’en foutre royalement de ces transitions dans la seconde partie. Point positif, alors que d’autres se seraient régalés d’un racisme primaire généralisé, Zidi et Coluche profitent de courir les continents pour jouer des stéréotypes : Michel (Coluche) se trouve ainsi confronté à des blacks somme toute sympas, un rebelle africain itou, à des arabes « civilisés » qui lui font la morale. Au moins, on ne pourra pas taxer le film de franchouillardise exacerbée.

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Que reste-t-il de Banzaï, après toutes ces années ? Pas grand’chose : une poignée d’images ,de répliques, qui n’empêche pas le souvenir d’être largement entamé. Banzaï n’est pas drôle, c’est triste à dire, mais peu à peu, la comédie française des 80s dévoile son essoufflement , un vieillissement qui fait mal à la mémoire. Certains films méritent de ne vivre que dans le souvenir ; le problème, c’est qu’on n’en prend conscience qu’en les revoyant une ultime fois. Banzaï a été hara kiri…

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ALIEN VS PREDATOR REQUIEM

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Laminé dans l’univers entier, jusque sur les planètes des Predators et des Aliens, je n’ai pas vu le film de Paul Anderson, AVP. Fort d’une bande-annonce bien foutue et de quelques extraits bien gorasses, il fallait que je voie AVPR, ne serait-ce que par la nostalgie de retrouver des monstres qui ont « bercé » mon enfance. Bien mal m’en a pris, les frères Strause parvenant à ridiculiser les deux mythes.

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En soi, si l’on n’est pas trop regardant, AVPR passe comme une lettre à la poste, timbrée « série B sanglante », au tarif « laissez votre cerveau à l’entrée ». Et c’est vrai que revoir ces araignées aliens, ces pétages de cages thoraciques, et puis les monstres, fait plaisir. Seul problème : le manque d’intensité flagrant et désespérant de leurs apparitions. Non seulement jamais le sentiment de peur n’étreint le spectateur, mais en plus on se contrefout comme du 25e gars qui a marché sur la lune du sort réservé aux personnages. Jamais on ne retrouve ce sentiment de claustrophobie et de confinement qui était porteur, créateur de l’angoisse sourde qui nous étreignait à chaque plan de croisement de couloir, de portes dérobées, de personnages s’aventurant seuls sans regarder derrière eux (l’importance de l’arrière plan amené au rang d’art par Scott et Cameron). On se dit alors que l’idée de placer aliens et predators dans un espace terrestre ouvert et étalé, au demeurant intéressante et ludique, ne sied guère à l’atmosphère des sagas. Ou que les Strause n’ont pas su l’exploiter. C’est plutôt cela…

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D’autant que point de vue scénario, on nage en eaux claires et connues, l’originalité faisant cruellement défaut : reprise du pitch de Predator avec remplacement du rasta-monstre par les aliens ; un peu de Gremlins par ci, d’Assaut par là ; pire, on a l’impression que des films comme La nuit des chauve-souris font figure de référence dans le développement de l’histoire. Copier des bons films ça peut faire illusion, mais des nanars ! Dans ce marasme scénaristique, les personnages n’ont aucune substance et les enjeux et caractérisation sont laissés en plan, transformant une population de l’Amérique profonde en chair à pâtée incolore. Du coup, ce désintérêt nous pousse à attendre les morceaux de bravoure avec impatience, qui seront à chaque fois désamorcés avec une désinvolture déconcertante.

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Les attaques sont brèves, mal découpées, et s’inscrivent dans le déroulement du film comme autant de scènes de coupe. Un comble pour des séquences sensées représenter des climax ! Imaginez entrer dans un abattoir, regarder un premier morceau de viande, vous retourner regarder un autre, et ainsi de suite : aucune évolution, l’impression de voir la même chose répétée ad aeternam, le sentiment de lassitude. Ajoutez à cela le fait que la quasi totalité du métrage se passe dans une obscurité pénible qui gâche le peu de plaisir qu’il y aurait eu à prendre, et vous comprendrez que les Strause sont complètement passés à côté de l’objectif qui était de donner au spectateur de l’Alien, du Predator.
Comment ne pas être en colère contre le traitement je-m’en-foutiste du Predalien, certainement l’idée la plus revigorante, la plus saugrenue, la plus fédératrice ! comment ne pas se sentir floué – et pris pour un con ? – à l’annonce d’un combat acharné entre deux monstres parmi les plus « teigneux », agressifs, de l’Histoire, qui s’avère un concours de baffes façon Bud Spencer ne dépassant pas les 5 minutes !

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Si cet Alien Vs Predator est un requiem, il pourrait être celui du cinéma – mais heureusement non. Il pourrait être le sien propre – un suicide filmé qui lui, au moins, serait réussi. Il pourrait être aussi celui d’une franchise qui avait mal commencée, et qui, semble-t-il, empire déjà. Prions Sainte Helen Ripley pour laisser en paix nos monstres fétiches.

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HYPER TENSION

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Affreux, sales et méchants est un film d’Ettore Scola. De là à dire que Jason Statham est fan du cinéma d’auteur italien, il n’y a qu’un pas que je n’ose franchir, tant les descriptifs lui collent à la peau au fil d’une filmographie qui l’inscrit naturellement dans la continuité des Stallone, Schwarzenegger, Bruce Willis…non, soyons sérieux : des Van Damme, Steven Seagal et autres Dolph Lungren. Par une curiosité de la distribution, tous ses films sont sortis en salles, pour des raisons diverses qui n’ont en général rien à voir avec la qualité desdits métrages (du moins ceux montés sur son nom). Affreux, sale et méchant, Statham l’est encore dans Hyper Tension, ecstasy de cinéma qui ajoute la notion de bêtise au portrait de son acteur principal.

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Pensez donc : les réalisateurs novices reprennent le concept de Speed, en remplaçant le bus par le corps d’un homme, et les 50 miles à l’heure au-dessous desquels il ne faut pas descendre par l’hyper tension du titre. On a trouvé plus con comme idée, et celle-ci donne la garantie, sur le papier, d’un rythme effréné et d’action gogo. Dans les faits, Neveldin et Taylor remplissent ce contrat, en optimisant les effets de mise en scène censés reproduire la réaction à l’adrénaline du héros. Las, si Hyper Tension démarre sur les chapeaux de roue et que la forme étonne, le déroulement n’est qu’une succession de saynètes toutes égales à elles-mêmes. Aucune progression dans la montée de la tension, aucun crescendo narratif, émotionnel : le tracé du cardiogramme est au plus haut, mais de bout en bout, d’où en conclusion, un tracé plat, sans relief, monotone.

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Alors oui, passée une première demi-heure où l’on tente de résister à la frénésie de cette bouillie filmique, comme si elle pouvait nous contaminer, l’ennui s’installe, malgré un sens de l’humour gras du slip qui titille nos bas instincts avec la subtilité d’un Michael Bay (voir la scène de baise sur le marché asiatique, tout aussi grotesque que l’accouplement des rats dans Bad Boys II). Le final s’étire dans un bâillement, s’écroulant en une ultime pirouette peu convaincante (euphémisme).

Ce n’est pas encore avec ce film que le Statham va me rallier à sa longue liste de fans (entre kékés bulot-céphales et donzelles ‘il est trop beau, trop musclé’ émoustillées). Hyper-Tension ne devrait pas non plus réconcilier les amoureux de l’œuvre de Scola et ceux du cinéma épileptique façon Tony Scott. Vivement Hyper Tension 2…

Jason, t’as touché le fond ? oui, mais je creuse encore !

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LA PERSONNE AUX 2 PERSONNES

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Au festival de Cannes 2008, on avait découvert sur le plateau de Canal Plus ce chanteur ringard resté bloqué dans les années 80, Gilles Gabriel. Alain Chabat déguisé pour la promo de son prochain film ? no-non, nous dit-on, c’est vraiment Gilles Gabriel, star oubliée auteur d’un titre phare passé à la trappe, ‘flou de toi’. Évidemment, la supercherie ne tient pas la route 2 secondes, mais la conviction que met Chabat dans son personnage promet un festival de ringardises dont il sera le porte-étendard. Du coup, quand GG (ou Gégé) meurt dans les cinq premières minutes de La Personne aux Deux Personnes, on se prend une rude claque et on se demande ce qu’il va maintenant advenir. C’est là la première d’une longue suite de surprises.

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Les réalisateurs Bruno et Nicolas ont tout misé en quelque sorte sur ce retournement de situation, sur cette attente, non pas déçue, mais détournée, afin de pouvoir nous embarquer dans une histoire largement mais librement inspirée du Dans la tête de John Malkovich de Spike Jonze. Car voilà, Chabat va devoir cohabiter avec Auteuil dans le corps d’icelui. Et autant vous prévenir, Chabat, vous n’allez plus le voir du tout – ou presque – mais alors, vous allez l’entendre !

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Reste que, si l’idée a de quoi surprendre et occasionner des séquences vraiment drôles au début, le film a tendance à s’étioler, le concept ne faisant pas long feu. Scénaristiquement parlant, le ressort comique apparaît bien faible, malgré les efforts pour dresser le portrait d’un homme complètement ringard, psychologiquement, physiquement, reflété dans un appartement dont la fenêtre donne directement sur une voie rapide. C’est l’occasion de (re)découvrir un Daniel Auteuil monstrueux, imposant, bouffant la caméra comme il ne l’a pas fait depuis longtemps ; il en devient hypnotique, compensant la relative déception de n’avoir pas droit à la drôlesse naturelle de Chabat. Face à lui, Marina Foïs campe une cadre sup’ asentimentale, méprisante, à qui il va ouvrir les yeux et le cœur, dans une scène mémorable de présentation de bilan…musicale.

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Fort sympathique malgré quelques menus défauts et longueurs, La Personne aux Deux Personnes aurait pu prétendre à plus d’ambition et creuser la vertigineuse question de l’identité à l’œuvre chez Jonze et Gondry. Au lieu de cela, Nicolas et Bruno effleurent le sujet, au travers d’une séquence où l’on pense que le film bascule – mais non – et ‘assure’ le spectacle via un final à tiroirs, certes drôle, mais manquant d’épaisseur.

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Mais bon, ne faisons pas la fine bouche devant cette comédie atypique, véritable ovni dans le paysage cinématographique français, qui bénéficie d’autant de qualités que de défauts, somme toute attachants. Dans tous les cas, on repart avec en tête ce tube de l’année 1984, ‘flooouuuuuuuuuuuuu de toi’…

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